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redaction
Last updated: mars 20, 2026 9:27 pm
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redaction
17 Min Read
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« ON APPELLE SION : ‘’MA MÈRE’’ » (Ps 86,5)COMMUNION ET PARTICIPATION EN VUE D’UNE NOUVELLE DYNAMIQUE MISSIONNAIRE AU SEIN DE NOTRE DIOCÈSE D’IDIOFA

( lettre pastorale de Son Excellence Monseigneur José MOKO EKANGA)

Kinshasa, 20 mars 2026 ( Newmessagerpaix.net)

Dans une lettre pastorale, dont intégralité ci-dessous, Son Excellence Monseigneur José Moko Ekanga, Évêque d’Idiofa, invite les fidèles à redécouvrir le diocèse comme une mère spirituelle, à l’image de Sion dans les Écritures. Face aux défis actuels, il appelle à une Église fondée sur la communion, la participation et la coresponsabilité de tous. Ce message trace les orientations d’une nouvelle dynamique missionnaire pour la reconstruction et la vitalité du diocèse. Il exhorte chaque fidèle à s’engager activement dans la vie et la mission de l’Église

.Lire jusqu’à la fin.

À tous les Curés doyens

À tous les Curés et Administrateurs des sous-paroisses

À tous les Agents pastoraux

À tous les Fidèles catholiques d’Idiofa

Aux fils et filles d’Idiofa

À tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté,

Chers frères et sœurs

,Salut et bénédiction !

1.« On appelle Sion : “ma Mère”, car en elle tout homme est né. C’est lui, le Très-Haut, qui la maintient au registre des peuples ; le Seigneur écrit : “Chacun est né là-bas”. Tous ensemble, ils dansent et ils chantent : “En toi, toutes nos sources” » (Ps 86, 5-7).C’est avec ces belles et profondes paroles du psalmiste que j’ouvre cette lettre pastorale que je vous adresse comme votre frère et votre évêque (cf. saint Augustin), en vue d’une nouvelle dynamique missionnaire au sein de notre diocèse d’Idiofa, dynamique qui implique, dans un élan synodal, la communion et la participation de tous les fils et toutes les filles d’Idiofa.

2.Dans ce passage du livre des Psaumes, trois idées fondamentales me frappent

.La première est la maternité de Sion. À la différence de l’Égypte, de Babylone, de Tyr, de la Philistie et de l’Éthiopie (Ps 86, 4), le psalmiste écrit : « On appelle Sion : “ma Mère”, car en elle tout homme est né » (Ps 86, 5). Sion est mère. Non seulement elle est mère, mais elle est « ma » mère.

Elle est aussi mère universelle, c’est-à-dire mère de tous et de toutes, sans distinction ni discrimination, mère qui engendre et accueille tout être humain, mère en qui tout homme est né.La seconde idée est l’intervention de Dieu. C’est le Seigneur qui, par amour pour Sion (Ps 86, 2), la fonde sur les montagnes saintes (Ps 86, 1), la maintient (Ps 86, 5) et lui donne la grâce de la maternité universelle en inscrivant à son sujet au registre des peuples : « Chacun est né là-bas » (Ps 86, 6). Autrement dit, même si Dieu se sert des bâtisseurs humains, il demeure le seul et véritable bâtisseur. Car « si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent les bâtisseurs » (Ps 127, 1).La troisième idée concerne l’attitude des fils et filles de Sion. « Tous ensemble, ils dansent et ils chantent : En toi, toutes nos sources » (Ps 86, 7). Ils reconnaissent leurs racines en leur mère et expriment leur joie dans l’unité. « Danser ensemble » symbolise ici la communion, la solidarité et l’engagement commun.

3.Plus qu’un espace géographique, « Sion, ma Mère » est un lieu symbolique renvoyant à la cité sainte de Jérusalem, mère universelle et spirituelle. Très tôt, les exégètes y ont vu une préfiguration de la Jérusalem céleste (Ga 4, 26) et de l’Église, mère qui engendre à la vie divine et accueille les hommes de toutes nations.Sans forcer le texte, je voudrais, de manière symbolique, rappeler aux fils et filles d’Idiofa que ce diocèse est leur mère. Permettez-moi de paraphraser : « On appelle Idiofa ma mère, car en elle chacun est né ». Ce que nous disons du diocèse vaut également pour chacune de nos paroisses..Ainsi, voulant résolument engager cette mère, notre diocèse, dans une nouvelle dynamique missionnaire — dynamique issue, d’une part, des recommandations et résolutions finales du Synode sur la synodalité et, d’autre part, de notre option préférentielle pour l’érection canonique de nouvelles paroisses en vue de la proximité avec le peuple de Dieu —, j’invite les diocésains et diocésaines d’Idiofa, ainsi que tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, à la communion et à la participation. C’est, en effet, leur manière aujourd’hui, comme ce fut le cas pour les fils et filles de Sion, de reconnaître en leur mère Idiofa leurs racines humaines et spirituelles, de chanter et de danser ensemble pour elle.5.En effet, le 5 juin 2022, en la fête de la Pentecôte, notre communauté diocésaine d’Idiofa avait entrepris de célébrer une longue série de jubilés de fondation de ses missions et paroisses, en commençant, bien sûr, par la mission-mère d’Ipamu.On le sait, si la première tentative d’évangélisation de notre contrée à partir du poste de Mpangu (1908), par les Pères de Scheut, fut de courte durée en raison de sa suppression précoce, celle initiée par la Compagnie de Jésus, grâce notamment à l’abbé Hyacinthe Vanderjest et au Père Yvon Struyf, alias « Mfumu Ivon », par la création du poste d’Ipamu en 1922, a connu des lendemains meilleurs jusqu’à ce jour.L’initiative d’honorer le centenaire de cet événement fondateur a suscité l’enthousiasme de tout notre diocèse.

La fête fut grande et belle pour toute l’Église-Famille de Dieu d’Idiofa, en présence de plusieurs autorités politico-administratives, militaires et ecclésiales, notamment Son Éminence Fridolin Cardinal Ambongo Besungu, OFM Cap., Archevêque Métropolitain de Kinshasa, ainsi que des évêques de la Province ecclésiastique de Kinshasa et plusieurs délégations, en particulier celle de la CENCO

.6.« L’occasion faisant le larron », nous avons saisi ensemble cette circonstance favorable pour réhabiliter les infrastructures délabrées de la mission et renouveler son équipement.Comme votre pasteur, j’ai personnellement mobilisé les fils et filles du diocèse d’Idiofa, de partout où ils se trouvent à travers le monde, à entrer dans ce temps de jubilés.

J’exhortais solennellement, comme un père, tous ceux qui se comportaient jusque-là en spectateurs à nous rejoindre dans la barque de la reconstruction de notre diocèse.Dans cet élan d’entrée dans le deuxième centenaire d’évangélisation,

je vous avais adressé une lettre pastorale intitulée :« À vin nouveau, outres neuves (Mt 9,17). D’un centenaire à l’autre : Fils et filles d’Idiofa, levons-nous et reconstruisons ensemble notre diocèse »,qui invitait à la gratitude, à la relecture du premier centenaire et à l’ouverture de nouvelles perspectives dans l’optique de la coresponsabilité.

Après le troisième Congrès eucharistique national, tenu à Lubumbashi du 19 au 22 juin 2023, je vous avais encore adressé une autre lettre pastorale :« Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9,13), mettant l’accent sur l’Eucharistie et l’engagement dans les Communautés ecclésiales vivantes de base (CEVB).7.

Après Ipamu, nous nous sommes retrouvés avec le même enthousiasme à Kilembe en 2023 pour célébrer le centenaire de cette deuxième mission de notre diocèse.En 2026, le diocèse d’Idiofa se prépare à célébrer les centenaires de deux missions : Mapangu et Mwilambongo. Entre-temps, certaines missions — Mutoy, Mokala, Mangai Sacré-Cœur et Kimputu — ont célébré leurs 75 ans d’existence.Ces célébrations ont révélé l’attachement profond des fidèles à leurs paroisses respectives.

L’image de la mère, vieillissante et en droit d’attendre soutien et réconfort de ses enfants, a porté des fruits visibles.8.Nous le savons, la fête d’une mission est l’occasion de reconnaître tout ce que le Seigneur a accompli dans la vie des fidèles et de tous les habitants du territoire paroissial.Une paroisse est une mère universelle. Elle est une communauté stable de fidèles confiée à un curé sous l’autorité de l’évêque diocésain (cf. can. 515 §1).

Nos missions ne se limitent pas à la vie spirituelle : elles offrent aussi des services éducatifs et sanitaires sans distinction. Les souvenirs liés aux sacrements — baptême, eucharistie, confirmation, mariage, pénitence et onction des malades — demeurent une source de gratitude.De même, les soins reçus dans nos structures de santé et la formation dans nos écoles sont évoqués avec fierté. Notre diocèse a contribué à former ce que nous sommes aujourd’hui.

9.Ces infrastructures héritées des missionnaires et de nos parents — écoles, hôpitaux, églises — sont aujourd’hui, pour la plupart, vétustes, certains étant en état de délabrement avancé.Il nous appartient, en tant qu’héritiers responsables, de les réhabiliter pour les transmettre aux générations futures. C’est une responsabilité historique et générationnelle.Nos Églises, encore jeunes, ont besoin de nous. Il nous revient d’en prendre soin sans attendre que d’autres le fassent à notre place.

10.Autrefois, plusieurs réalisations ont été rendues possibles grâce au soutien des Églises sœurs d’Occident. Cette situation doit évoluer.Ayant grandi en maturité, nous avons désormais le devoir de prendre en charge notre diocèse. Cette responsabilité est à la fois canonique et baptismale.Le Code de droit canonique (can. 222 §1) rappelle que les fidèles doivent subvenir aux besoins de l’Église. Cette contribution est un signe de maturité ecclésiale et de coresponsabilité.Même dans la pauvreté, nous ne devons pas baisser les bras. Avec peu, Dieu peut accomplir de grandes choses (cf. Lc 9,13)

.11.Par ailleurs, nous avons entrepris, au sein de notre diocèse, une nouvelle dynamique missionnaire consistant à encourager la création de nouvelles paroisses, en raison de leur importance dans la vie de la communauté

.La paroisse est non seulement un lieu de célébration pour les croyants, mais aussi un moteur de développement. Comme nous aimons le rappeler, la mission catholique est comparable à un véhicule à quatre pneus : elle ne peut remplir pleinement sa mission que si elle dispose d’un lieu de culte, d’écoles, de structures de santé et d’autres œuvres de développement.

Ainsi, selon les besoins de la population, nous devons non seulement annoncer le Christ, mais aussi répondre aux défis du développement, que saint Paul VI qualifiait de « nouveau nom de la paix ». Comment annoncer le Christ, « Prince de la paix » (Is 9,5), et rester indifférents à la souffrance humaine ?Le Concile Vatican II le rappelle :« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps […] sont aussi ceux des disciples du Christ » (GS, n° 1).Saint Jacques ajoute : « La foi sans les œuvres est morte » (Jc 2,26).12.Je reconnais également le désir croissant de plusieurs sous-paroisses de devenir des paroisses à part entière. Je salue ces aspirations légitimes.

Nous devons progresser dans cette direction afin de ne plus être seulement un diocèse de missions, mais un diocèse structuré en paroisses, comme ce fut récemment le cas avec Notre-Dame de Victoire à Intshwem Mukongo et Saint Mukasa à Idiofa.

Qui dit pastorale dit proximité. Les longues distances et l’état des routes rendent l’accès aux sacrements difficile pour les fidèles.13.Dans mon allocution lors de l’érection de la paroisse Notre-Dame de Victoire à Intshwem Mukongo, j’avais souligné que l’organisation héritée du passé, centrée sur un unique pôle, montre aujourd’hui ses limites.La paroisse, par son sens même, évoque la proximité, le voisinage.

L’Église est appelée à être « en sortie », selon l’enseignement du pape François, pour rejoindre les périphéries.Réduire les distances et rapprocher les fidèles des sacrements est une nécessité pastorale. Cela permet aussi de faire face à la prolifération des mouvements religieux qui détournent les fidèles.

14.Notre diocèse compte actuellement 46 paroisses, 6 quasi-paroisses, 51 sous-paroisses et 3051 CEVB. Cela reste insuffisant.Nous devons créer davantage de paroisses pour mieux servir les fidèles. Cela permettra une meilleure organisation pastorale et une annonce plus efficace de l’Évangile.

15.La question du manque de ministres se pose. Cependant, l’Église est par nature synodale : tous les baptisés participent à sa mission.Le droit canonique reconnaît la place des laïcs dans l’annonce de l’Évangile et dans la vie de l’Église. Leur engagement n’est pas une solution de remplacement, mais une exigence de la mission.

16.Dans ce sens, l’Église en RDC a déjà développé des ministères laïcs, notamment les « Bakambi » et les animateurs pastoraux.Les catéchistes jouent également un rôle essentiel dans les communautés de base. Il est indispensable de valoriser ces engagements pour soutenir la mission de l’Église.

17.Malgré leur importance, les défis financiers demeurent. La juste rémunération des agents pastoraux est une nécessité.Nous devons travailler à garantir des conditions dignes pour ceux qui servent l’Église, afin d’assurer une mission durable.

18.Dans la foi, l’espérance et la charité, nous croyons que ce projet de renouveau missionnaire est possible.

Mon désir le plus ardent est de voir les fils et filles d’Idiofa reconnaître leur diocèse comme leur mère, chanter pour elle et s’engager dans sa reconstruction.Le temps des spectateurs est révolu.

19.La communion et la participation sont essentielles.La communion s’exprime dans la relation avec Dieu et avec les autres (Ubuntu).La participation implique un engagement concret : prière, idées, contributions matérielles et financières.Refuser de s’engager serait manquer à une responsabilité générationnelle

.20.Toutefois, notre engagement local ne doit pas nous fermer aux autres Églises. Notre diocèse a une tradition d’ouverture missionnaire.Nous continuerons à collaborer avec d’autres diocèses, en Afrique et ailleurs, dans un esprit de solidarité ecclésiale.

21.Dans cet élan synodal, confions notre diocèse, nos paroisses et ce renouveau missionnaire à l’intercession de la Vierge Marie et de saint Joseph.

Donnée à Idiofa, le dix-neuvième jour du mois de mars de l’année deux mille vingt-six, en la fête de saint Joseph, époux de Marie.

✠ José MOKO EKANGA

Évêque d’Idiofa

Créer « Les Rencontres Interculturelles Francophones » pour bâtir le « Dialogue Vivant des Peuples », le premier des Neuf projets Neufs pour une Francophonie neuve, de Juliana Amato Lumumba.
Kongo-Central/RDC : Prestation de serment des médecins vétérinaires à Matadi.
Diocèse d’Idiofa : Mgr Adelin Kanzenze nommé Vicaire Général par l’Évêque José Moko Ekanga.
Ramadan et Carême 2026 : le Vatican appelle chrétiens et musulmans à marcher ensemble vers une paix durable.
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TAGGED:Diocèse d’IdiofaLettre pastoraleMgr jose mokoSion ma mere
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