Une visite historique qui renforce la foi des catholiques africains
Le premier voyage apostolique du pape Léon XIV en Afrique continue de susciter de nombreuses réactions. Depuis la Guinée équatoriale, le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a dressé ce jeudi un premier bilan de cette tournée, au micro de KTO.
Dans une lecture profondément spirituelle, le prélat congolais affirme que cette visite répond avant tout à un besoin de confirmation et de réconfort des fidèles dans leur foi.
Il explique que ce voyage « intervient dans un contexte très particulier sur le plan spirituel » et qu’il « confirme et rassure les fidèles dans leur foi et dans leur Église ».
Partout où le souverain pontife est passé, il dit avoir constaté un même élan :
« un sentiment général de joie et de fierté d’être catholique, et particulièrement catholique africain ».
L’Afrique, choix stratégique et signe d’avenir pour l’Église
Le Cardinal Ambongo insiste sur la portée du choix du pape. Ce déplacement constitue, selon lui, le premier véritable voyage apostolique du pontife, en dehors des obligations liées au jubilé.
Il souligne que « le pape a choisi d’effectuer cette visite en Afrique » et que cela traduit une conviction forte : « l’Afrique est le continent du futur de l’Église, sur le plan spirituel et sociopolitique ».
Ce choix n’est donc pas anodin, mais révèle une reconnaissance du dynamisme et du potentiel du catholicisme africain.
Un message de soutien face aux réalités difficiles du continent
Dans son intervention, le Cardinal Fridolin Ambongo met en lumière les défis majeurs auxquels font face plusieurs pays africains.
Il rappelle que cette visite « vient prolonger la foi de ceux qui souffrent »,notamment à cause de « la mauvaise gouvernance », de « la mauvaise distribution des richesses » et, dans certains cas, du « manque de liberté religieuse ».
Pour lui, la présence du pape constitue un message d’espérance, mais aussi un appel à la responsabilité.
Une tournée pensée pour répondre aux défis spécifiques de chaque pays
Le prélat congolais salue également la pertinence du choix des pays visités : Algérie, Cameroun, Angola et Guinée équatoriale.
Il estime que « le choix de ces pays est très intelligent », chaque étape correspondant à une réalité particulière.
En Algérie, il évoque la situation des catholiques qui ne disposent pas toujours de la liberté de pratiquer ou de partager leur foi.
Au Cameroun, il souligne la nécessité urgente de promouvoir un vivre-ensemble pacifique.
En Angola et en Guinée équatoriale, il met en évidence le contraste entre richesse nationale et pauvreté de la population.
Le pape y a insisté sur « la justice distributive pour que les richesses profitent à tous ».
Une visite porteuse de fruits malgré les incompréhensions
Interrogé sur les retombées de ce voyage, le Cardinal Ambongo se montre confiant :
Il affirme que cette visite « apportera certainement du fruit, aussi bien à l’intérieur de l’Église que dans la société ».
Cependant, il regrette certaines interprétations sur la scène internationale, notamment après des prises de position incompréhensibles, » bizarerie » de Donald Trump.
Il déplore « des lectures de certains hommes et femmes de mauvaise foi » laissant croire que le pape répondrait à des discours politiques extérieurs.
Tout en rappelant que le pape affirme ne pas être un homme politique, il nuance :
« annoncer l’Évangile peut attirer la colère de ceux qui gouvernent », soulignant ainsi la dimension sociale et parfois dérangeante du message chrétien.
L’Eucharistie, cœur du message et fondement de la foi
Enfin, le Cardinal Fridolin Ambongo recentre son analyse sur l’essentiel :
Il insiste que « le cœur de la foi catholique n’est pas d’abord les activités sociales ou le développement », mais « la relation d’intimité avec le Christ ».
Cette relation, précise-t-il, trouve son expression la plus profonde dans l’Eucharistie :
« l’Eucharistie est le sacrement des sacrements », au centre de la vie chrétienne.
Une fierté assumée et une espérance renouvelée
Au terme de son intervention, le Cardinal Fridolin Ambongo exprime sa satisfaction :
Il se dit « très fier de cette visite du pape ».
Un déplacement qu’il considère comme historique et porteur d’espérance pour l’avenir de l’Église en Afrique, convaincu que ses effets se feront sentir durablement, tant sur le plan spirituel que sociétal.
Bertin Kangamotema Amizia/Newmessagerpaix.net





