La pluie et le beau temps au Collège
Au Collège Christ-Roi, le sport n’a jamais été un simple loisir. Il constituait une véritable école de vie, un prolongement naturel de la salle de classe, où se forgeaient la discipline, l’abnégation, l’esprit d’équipe, la persévérance et le fair-play. Les élèves et compétiteurs étaient constamment appelés à jouer avec cœur, respect et sportivité, car sur le terrain comme dans les études, l’excellence ne souffrait d’aucun compromis.
Les activités physiques, on le savait déjà intuitivement à l’époque, favorisaient l’amélioration des fonctions cérébrales et cognitives en augmentant le flux sanguin vers le cerveau.
La pratique du sport avait ainsi un impact direct et positif sur les performances scolaires et l’efficacité intellectuelle des élèves. Le sport formait l’esprit autant que le corps.
Une politique scolaire visionnaire
Chaque année, la direction du collège s’efforçait de promouvoir de manière obligatoire le sport — notamment le football et le volley-ball — en l’associant étroitement à la réussite scolaire et à la santé des élèves du secondaire.
Des infrastructures et des équipements sportifs étaient mis à la disposition de toute la communauté scolaire, permettant à chacun de pratiquer son sport dans des conditions décentes.
À certains moments, des prix d’encouragement venaient récompenser les efforts, les talents et les prouesses.
Le championnat interscolaire et interclasses de football et de volley-ball était lancé dès le début de l’année scolaire, suivant un calendrier établi par le ministère scolaire des sports.
Ces compétitions, inscrites officiellement dans le calendrier scolaire, retenaient comme disciplines phares le football et le volley-ball, symboles de cohésion, de stratégie et de dépassement collectif.
L’ambiance était électrique à chaque rencontre : les samedis, les dimanches et parfois même les mercredis, pourtant réservés aux promenades ou à la lecture. Le public, composé obligatoirement de tous les élèves — filles et garçons — ainsi que des populations environnantes de Kinday et Mateko, répondait toujours présent.
Une parole éducative forte
S’adressant régulièrement aux élèves, le Père Kasay lançait un vibrant appel qui résonne encore dans les mémoires :
« Que ce championnat soit pour vous une tribune d’expression de vos talents, un creuset d’émulation et un champ d’apprentissage de la résilience. Que ce tournoi interscolaire et interclasses soit une source d’inspiration, un instrument d’unité et un moteur d’excellence. Qu’il révèle à la collectivité nationale de futurs champions et leaders de la République démocratique du Congo. »
Le football : les magiciens du ballon rond
Sous une ambiance survoltée et les encouragements incessants des élèves spectateurs, le Collège Christ-Roi s’est affirmé, au fil des années, comme une véritable pépinière de talents sportifs. Chaque match devenait un événement, chaque rencontre une page d’histoire.
Impossible d’évoquer le sport scolaire à Christ-Roi sans citer — de façon non exhaustive — Chantal Malanga, Luwolo Saïo, Célestin Ibe, André Kiwewa, Mariano, Flamy, Marc KulakulaAnkara, Brinch, Samy Kapanda, Bebe Remy Myros, Gusu Nkusu, Aggrey Ngalasi, Insios et bien d’autres.
Véritables artistes du dribble, leurs courses balle au pied, leurs feintes déroutantes et leur aisance sur la pelouse de l’ancien terrain de football, soulevaient les foules. On se souvient encore des applaudissements frénétiques qui accompagnaient chacune de leurs actions.
Ces joueurs, par leur savoir-faire, donnaient au Père Kasay l’audace d’organiser des rencontres contre les équipes du coin : Mateko village, Panu-Cité, Pindi, l’Institut Milundu…
Autant d’occasions de mesurer le talent local et de renforcer les liens entre écoles et cités voisines.
Aggrey Ngalasi, aujourd’hui Représentant Légal de l’Eglise La Louange, Chantal Malanga Ernest, aujourd’hui établi aux États-Unis, furent parmi des attaquants les plus redoutables de leurs époques respectives .
Le volley-ball : royaume des géants et des stratèges
Sur le terrain de volley-ball situé entre le bâtiment du Cycle d’orientation et le réfectoire, quelques noms s’imposaient naturellement : Ngalasi Agrey, Bebe Remy alias Myros d’heureuse mémoire avec sa taille très élancée,
Kabaka Macaire, alias Kemec. Avec sa taille élancée, il trônait en maître incontesté du jeu. Face à lui, Barthélemy Nanto Akende, malgré sa stature modeste, compensait par une intelligence tactique remarquable. Excellent à la ligne de fond, précis dans ses passes, il déroutait même les attaquants les plus puissants.
Cette opposition de styles incarnait parfaitement la philosophie du collège : la taille ne suffisait pas. Seuls comptaient le talent, l’effort et la persévérance. Personne n’était négligé.
Le sport devenait ainsi un formidable levier d’inclusion, de confiance en soi et de réussite scolaire.
Une vision éducative portée par de grands esprits
Derrière cette effervescence sportive se trouvait une vision claire et avant-gardiste.
Feu Père Kasay, véritable génie de l’éducation, croyait profondément en la jeunesse.
Aux côtés de feu Ivami Célestin, autre baobab du collège, il fit du sport un pilier central de la formation intégrale de l’élève. Leur héritage demeure vivant dans la mémoire collective de ceux qui ont connu cette époque bénie.
La presse scolaire, gardienne de la mémoire
Cette riche histoire n’aurait pas traversé le temps sans la Presse scolaire, tenue avec rigueur et passion par :
Bertin Kangamotema, journaliste du collège
Crispin Bitini
Fabien Inga (Anglais)
Remacle Miziki
Leur travail méticuleux a permis de consigner exploits, visages et émotions, faisant du sport un chapitre essentiel de l’histoire du Collège Christ-Roi.
Une constellation de talents par génération
Chaque promotion révélait ses figures marquantes, réparties par compartiments :
Gardiens de but :
Marc Kulakula Ankara (d’heureuse memoire), Jean Marie Mupila ( d’heureuse mémoire)
Eustache Fungula Tubilandu, Swala Damas Tchamala, Inasi Jean (d’heureuse mémoire), Félicien Minsay Masengo, Justin Okana, Roger Ginaga (d’heureuse mémoire), Pimako, Mfenge Paulin, Luwolo Léonard.
Défenseurs :
Nkusu Gusu, Bonyeku Lydie, Balula Calixte, Mista, Yindula Richard Rico, Aimé Baya Darius (d’heureuse mémoire), Midu Gustave Bouddha (d’heureuse mémoire), Kiwewa Chang Lay, Makwaya Sosoliso, Kayiba Marc.
Milieux de terrain :
Célestin Ibe, célèbre pour ses dribbles, ses rentrées de touche à la main et ses corners souvent transformés directement en buts, Félix Maduna, Jacques Kituba, Assir Jean, François Oku Mariano, Médard Moke.
Attaquants :
Ngalasi Agrey, bombardier avec ses tirs fumants, Insi Théodore Ndoki ndombe, Gene Brinch, Samy Kapanda ( d’heureuse mémoire),
Mingali Mbembress, Muke le gaucher, Katuka Éloi Katero le bouillant (d’heureuse mémoire), Faustin Asuni Ndaye, Alidor Indiang Salif, Balula Cava, Jean-Pierre Kasongo, Fidèle Otshia (d’heureuse mémoire), Odon Malebe (d’heureuse mémoire), Dosithe Ngesine, etc.
Un héritage qui traverse le temps
Certes, les générations se succèdent et les époques diffèrent — certaines figures appartenant à des promotions ultérieures — mais l’essentiel demeure : le sport a uni, formé et élevé des générations entières d’élèves. Suivre les matchs interclasses ou interscolaires faisait partie intégrante de la vie du collège, au même titre que les cours et les études.
Aujourd’hui encore, évoquer le sport scolaire au Collège Christ-Roi, c’est raviver une mémoire collective faite de passion, de fraternité et d’excellence. Une mémoire précieuse, qui mérite d’être transmise, classée, honorée et racontée aux générations futures.
A suivre….
Vos enrichissements attendus
Berka





