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	<title>Archives des @grand entretien - New messager de la paix RDC</title>
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	<title>Archives des @grand entretien - New messager de la paix RDC</title>
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		<title>« Militariser l’agriculture » : Didier Mumengi ouvre le front de la guerre contre la faim.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[redaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 19:33:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[@Bertin Kangamotema Amizia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un grand entretien avec le journaliste-écrivain Richard Ali, l’auteur de « Militariser l’agriculture » expose une doctrine de transformation nationale fondée sur la mobilisation productive, la discipline, la territorialisation et l’autodétermination économique. Bertin Kangamotema Amizia en publie ici une première partie. KINSHASA, 9 septembre 2026 ( Newmessagerpaix.net)— Il est des livres qui décrivent une [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://newmessagerpaix.net/militariser-lagriculture-didier-mumengi-ouvre-le-front-de-la-guerre-contre-la-faim/">« Militariser l’agriculture » : Didier Mumengi ouvre le front de la guerre contre la faim.</a> est apparu en premier sur <a href="https://newmessagerpaix.net">New messager de la paix RDC</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un grand entretien avec le journaliste-écrivain Richard Ali, l’auteur de « Militariser l’agriculture » expose une doctrine de transformation nationale fondée sur la mobilisation productive, la discipline, la territorialisation et l’autodétermination économique. Bertin Kangamotema Amizia en publie ici une première partie.</p>
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<p>KINSHASA, 9 septembre 2026 ( Newmessagerpaix.net)— Il est des livres qui décrivent une réalité. D’autres cherchent à l’interpréter. Et il en est, plus rares, qui prétendent provoquer un déplacement du réel. « Militariser l’agriculture », de Didier Mumengi, se situe résolument dans cette troisième catégorie.</p>
<p>Formateur senior, chercheur, consultant, conférencier et écrivain, lauréat de plusieurs prix littéraires et auteur d’une œuvre majeure comptant une vingtaine d’ouvrages, Didier Mumengi développe dans cet entretien une pensée qui se veut à la fois doctrinale, stratégique et opérationnelle.</p>
<p><img loading="lazy" class="alignnone size-medium wp-image-5544"  alt="" width="300" height="178" / loading="lazy" decoding="async" src="https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193523_WPS-Office-300x178.jpg" srcset="https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193523_WPS-Office-300x178.jpg 300w, https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193523_WPS-Office-768x457.jpg 768w, https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193523_WPS-Office.jpg 851w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Face à lui, le journaliste-écrivain Richard Ali, chroniqueur littéraire, écrivain et éditeur d’alibooks.cd, lauréat du Prix littéraire Mark Twain, responsable Lettres et Livres — Bibliothèque — au Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, fondateur de l’Association des jeunes écrivains du Congo (AJECO) et actuellement vice-président de l’Union des écrivains Congolais (UECO), conduit un échange qui dépasse largement le commentaire littéraire.</p>
<p>Car derrière le titre volontairement provocateur de l’ouvrage se trouve une interrogation centrale : comment transformer l’immense potentiel agricole, humain, territorial et hydrique de la République démocratique du Congo en une véritable puissance productive capable de mettre fin à la faim ?</p>
<p>« <strong>Mettre manu militari fin à la faim</strong> »</p>
<p><img loading="lazy" class="size-medium wp-image-5546 aligncenter"  alt="" width="162" height="300" / loading="lazy" decoding="async" src="https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_192650_WPS-Office-162x300.jpg" srcset="https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_192650_WPS-Office-162x300.jpg 162w, https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_192650_WPS-Office.jpg 382w" sizes="auto, (max-width: 162px) 100vw, 162px" /></p>
<p>C’est autour de cette formule que Didier Mumengi livre la substance doctrinale de son ouvrage et en dévoile l’architecture profonde.</p>
<p>À la croisée de la philosophie, de la géoéconomie et de l’action opérationnelle, sa réflexion prend la forme d’une véritable doctrine de transformation nationale.</p>
<p>Elle adresse à la société congolaise un appel : ouvrir un front spécial, celui d’une révolution agropastorale conduite avec détermination, discipline du travail, célérité dans l’action et puissance de mobilisation.</p>
<p>L’expression « militarisation de l’agriculture » ne renvoie donc pas, dans sa conception, à une simple transposition des structures militaires dans le monde agricole. Elle désigne une méthode de mobilisation productive, organisée autour d’objectifs, de moyens, de discipline, de planification et d’une obligation de résultats.</p>
<p>Cette stratégie entend s’attaquer simultanément aux principaux foyers de l’insuffisance alimentaire : faible productivité, sous-mécanisation, déficit d’infrastructures, insuffisance d’intrants, faiblesse du financement, pertes post-récolte, insuffisance de transformation industrielle, défaillances logistiques et fragmentation des capacités productives.</p>
<p><strong>Didier Mumengi résume cette offensive autour de dix leviers structurants.</strong></p>
<p>Le premier serait l’adoption d’une loi-cadre portant déclaration de l’état d’urgence alimentaire en RDC. Cet acte fondateur devrait placer la sécurité alimentaire au cœur de l’autodétermination productive nationale et en faire une priorité stratégique de la Patrie.</p>
<p><img loading="lazy" class="alignnone size-medium wp-image-5547"  alt="" width="272" height="300" / loading="lazy" decoding="async" src="https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193654_WPS-Office-272x300.jpg" srcset="https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193654_WPS-Office-272x300.jpg 272w, https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193654_WPS-Office.jpg 611w" sizes="auto, (max-width: 272px) 100vw, 272px" /></p>
<p>Mais cette loi aurait également, selon lui, une portée symbolique : elle devrait contribuer à « exorciser » ce qu’il appelle la « décidophobie congolaise », c’est-à-dire cette altération de la capacité individuelle et collective à décider, entreprendre et assumer la responsabilité de l’action transformatrice.</p>
<p>Une culture de l’hésitation, de l’attentisme, de l’à-peu-près et de la rumination mentale stérile que l’auteur résume en une formule saisissante : « penser sans trancher, diagnostiquer sans agir et décider sans jamais passer à l’exécution ».</p>
<p>L’état d’urgence alimentaire devrait précisément, dans sa vision, briser cette logique de l’inaction.</p>
<p><strong>Une Force Agro-Pastorale Nationale pour changer d’échelle</strong></p>
<p><strong>Le deuxième</strong> levier est la création d’une Force Agro-Pastorale Nationale (FAPN), conçue comme un instrument de mobilisation productive, mais également comme un corps national d’encadrement agro-professionnel, une grande école de discipline productive, un institut de formation pratique, un corps du génie agro-pastoral, un corps de mécanisation, de maintenance et de logistique, une structure de renseignement agro-pastoral stratégique et d’intelligence productive, un corps de recherche et d’innovation, un organe de transformation agro-industrielle ainsi qu’un centre de projection rapide des capacités productives.</p>
<p><strong>Le troisième</strong> levier repose sur le déploiement des Villages Agro-Pastoraux, suivant une logique de territorialisation productive et de casernement agro-professionnel. Chaque unité territoriale devrait contribuer, selon ses potentialités, à un objectif national de production.</p>
<p><strong>Le quatrième</strong> levier porte sur une mécanisation accélérée, accompagnée de l’émergence progressive d’un tissu industriel national capable de fabriquer, entretenir, réparer, renouveler et, à terme, innover les équipements et intrants nécessaires à la modernisation agricole.</p>
<p>Le <strong>cinquième</strong> concerne la constitution volontariste d’un capital productif national, articulée autour d’un nouvel ordre bancaire et d’un Fonds souverain spécial ou Fonds agro-alimentaire spécial.</p>
<p>Le <strong>sixième</strong> propose une révolution fiscale à visée industrialisante, fondée sur un protectionnisme économique incubatif destiné à protéger et accompagner les capacités agro-productives nationales émergentes.</p>
<p>Le <strong>septième</strong> entend développer une intelligence statistique stratégique, permettant notamment de savoir où se trouvent les déficits, où sont concentrées les capacités productives et où les moyens doivent être déployés prioritairement.</p>
<p>Le <strong>huitième</strong> vise une campagne nationale multimédia, scolaire et populaire, destinée à faire émerger une culture congolaise de la transformation agro-industrielle systématique et systémique.</p>
<p>Le <strong>neuvième</strong> propose une conscription professionnalisante orientée vers les métiers intra-agricoles, péri-agricoles et para-agricoles.</p>
<p>Enfin, le <strong>dixième</strong> levier repose sur la constitution, par les « Guerriers des Travaux publics », d’un stock stratégique d’infrastructures : routes et pistes rurales, ouvrages hydrauliques, entrepôts, chaînes du froid, infrastructures piscicoles, plateformes logistiques, marchés, unités de transformation et autres équipements indispensables à la collecte, à la transformation, au stockage, à l’acheminement et à la commercialisation.</p>
<p>Derrière ces dix leviers, Didier Mumengi revendique donc un concept qu’il qualifie lui-même d’atypique et résolument disruptif.</p>
<p><strong>Produire davantage, mais surtout reconstruire l’écosystème productif</strong></p>
<p><img loading="lazy" class="alignnone size-medium wp-image-5548"  alt="" width="300" height="188" / loading="lazy" decoding="async" src="https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193629_WPS-Office-300x188.jpg" srcset="https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193629_WPS-Office-300x188.jpg 300w, https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193629_WPS-Office-1024x640.jpg 1024w, https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193629_WPS-Office-768x480.jpg 768w, https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193629_WPS-Office-860x538.jpg 860w, https://newmessagerpaix.net/wp-content/uploads/2026/09/Screenshot_20260909_193629_WPS-Office.jpg 1078w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>L’une des questions fondamentales posées par Richard Ali touche précisément au choix du terme « militariser ».</p>
<p>Pourquoi, demande en substance le journaliste-écrivain, ne pas simplement programmer une relance agricole classique ?</p>
<p>La réponse de Didier Mumengi est nette : le problème agricole congolais ne serait plus réductible à la seule augmentation de la production agro-pastorale.</p>
<p>Il faudrait simultanément repeupler productivement les espaces ruraux menacés de désertification humaine, constituer le capital nécessaire à l’édification d’une économie agro-alimentaire nationale, organiser les forces et les facteurs de production et construire un circuit économique national viable, intégré, fonctionnel et durable.</p>
<p><strong>La différence essentielle serait donc une différence d’échelle.</strong></p>
<p>Là où une relance agricole classique chercherait principalement à produire davantage, la « militarisation de l’agriculture » entendrait reconstruire l’écosystème territorial, humain, financier, infrastructurel et industriel qui rend possible une production durablement intensive.</p>
<p>C’est cette volonté de passer de la politique agricole à une véritable mobilisation productive du territoire qui constitue, selon l’auteur, la rupture fondamentale de son concept.</p>
<p><strong>Le paradoxe congolais de l’abondance improductive</strong></p>
<p>Pour Didier Mumengi, cette réflexion part d’un paradoxe particulièrement préoccupant : la RDC dispose d’une abondance considérable de ressources sans parvenir encore à la convertir à la hauteur de son potentiel en puissance productive.</p>
<p>Il évoque une population dépassant les 115 millions d’habitants en 2026, environ 80 millions d’hectares de terres arables dont seule une faible fraction serait mise en valeur, près de 8 millions d’hectares de prairies et pâturages, ainsi qu’un immense potentiel hydrique et halieutique.</p>
<p>Et pourtant, cette abondance démographique, foncière, pastorale et hydrique ne se traduit pas suffisamment en emplois, revenus, valeur ajoutée, accumulation de capital et souveraineté alimentaire.</p>
<p>«<em><strong> Nous ne manquons ni de terres, ni d’eau, ni de bras, ni de ressources naturelles. Ce qui nous manque, c’est la capacité systémique d’organiser leur rencontre productive</strong> </em>», explique en substance Didier Mumengi.</p>
<p>Cette rencontre doit, dans son raisonnement, réunir la terre, le travail, le capital, la technologie, l’infrastructure, le marché et la décision publique.</p>
<p><strong>Repeupler productivement les territoires ruraux</strong></p>
<p>Richard Ali conduit ensuite l’entretien vers une autre dimension essentielle de la doctrine : le dépeuplement productif des espaces ruraux.</p>
<p>Didier Mumengi décrit une spirale dans laquelle le départ des actifs ruraux entraîne une contraction de la main-d’œuvre agricole, une sous-exploitation des terres, l’abandon des exploitations, l’interruption des cycles de production et la perte progressive du cheptel, des équipements, des savoir-faire et des intelligences agro-pastorales traditionnelles.</p>
<p>À cela s’ajoutent l’insuffisance des infrastructures, la contraction des marchés locaux, l’insécurité, les conflits, les déplacements forcés, l’enclavement et l’affaiblissement de la présence de l’État.</p>
<p>La « militarisation de l’agriculture » entendrait précisément briser cette spirale.</p>
<p>Il ne s’agirait cependant pas, insiste l’auteur, de ramener administrativement les populations vers les villages. Il s’agirait plutôt de recréer les conditions économiques, sociales et culturelles capables de redonner aux territoires ruraux leur pouvoir d’attraction, de rétention et de reproduction des forces vives.</p>
<p><strong>C’est dans cette perspective qu’apparaît le concept de Village Agro-Pastoral Militaire (VAPM).</strong></p>
<p><strong>Du village traditionnel au territoire de puissance productive</strong></p>
<p>Le VAPM n’est pas conçu comme un simple village agricole.</p>
<p>Il devrait devenir une unité territoriale intégrée de production, de formation, d’emploi, d’investissement, de transformation agro-industrielle et de vie locale, attractive également sur les plans social, éducatif, culturel et sportif.</p>
<p>L’idée est de réunir dans un même espace organisé :</p>
<p>la terre, la main-d’œuvre, la formation, la mécanisation, l’énergie, les infrastructures, le financement agricole, la transformation agro-industrielle, les marchés de proximité, les services sociaux de base ainsi que les équipements sociaux, culturels et sportifs.</p>
<p>Dans cette architecture, la transformation industrielle devrait être organisée progressivement à l’échelle des groupements et des districts afin que chaque bassin de production puisse développer ses propres capacités de valorisation et d’accumulation.</p>
<p>Le village deviendrait ainsi, dans la vision de l’auteur, une plateforme territoriale de puissance productive.</p>
<p>Le territoire ne serait plus seulement un espace géo-administratif, mais un espace éco-industriel organisé. Et l’agriculture ne serait plus seulement une activité de subsistance : elle deviendrait une infrastructure stratégique de la puissance agro-économique nationale.</p>
<p><strong>La FAPN : produire, former, équiper, transformer et projeter</strong></p>
<p>Interrogé par Richard Ali sur ce qui permettrait de penser que la « militarisation de l’agriculture » produirait effectivement davantage, Didier Mumengi revient à la reconstruction méthodique d’une capacité productive nationale organisée, équipée, financée et placée sous une chaîne de commandement rigoureuse.</p>
<p>La FAPN devrait notamment remettre en valeur les terres abandonnées ou sous-exploitées, construire et réhabiliter les infrastructures, accélérer la mécanisation, développer les formations techniques et professionnalisantes, renforcer les équipements logistiques destinés à l’élevage et à la pêche, organiser les bassins de production et de transformation, garantir l’accès aux machines et intrants, développer la transformation industrielle et connecter les espaces ruraux aux marchés et aux circuits économiques nationaux.</p>
<p>Mais l’originalité de la proposition réside surtout dans la volonté de penser ces éléments comme un seul système.</p>
<p>La<strong> logique proposée par Didier Mumengi tient en une chaîne :</strong></p>
<p>CONNAÎTRE – PLANIFIER – FORMER – ÉQUIPER – PRODUIRE – TRANSFORMER – STOCKER – ACHEMINER – COMMERCIALISER – RÉINVESTIR.</p>
<p>Une boucle productive qui devrait être mesurée, corrigée et relancée en permanence.</p>
<p><strong>Une « quatrième dimension » de la défense nationale</strong></p>
<p>La question de Richard Ali sur la nature de la FAPN est l’une des plus fortes de l’entretien : cette structure serait-elle une quatrième force armée, après les forces terrestre, aérienne et navale ?</p>
<p><strong>Didier Mumengi apporte une nuance fondamentale.</strong></p>
<p>La FAPN ne serait pas, selon lui, une simple « force armée agricole ». Elle serait conçue comme un grand appareil national d’ingénierie productive, avec une culture d’organisation, de discipline, de planification, de projection territoriale et de mobilisation inspirée du modèle militaire.</p>
<p>Sa vocation serait moins de cultiver directement que d’organiser les conditions nationales de la production.</p>
<p>La FAPN devrait ainsi remplir dix grandes fonctions : mobilisation productive, encadrement agro-professionnel, formation intensive, génie agro-pastoral, mécanisation et maintenance, logistique, renseignement et intelligence productive, recherche et innovation, transformation agro-industrielle et projection territoriale stratégique.</p>
<p>Dans cette dernière fonction, la FAPN devrait être capable de projeter dans un territoire déficitaire une capacité productive complète : personnel, machines, semences, intrants, ingénieurs, techniciens, vétérinaires, infrastructures, financement et objectifs quantifiés.</p>
<p>Ainsi, chacun des 145 territoires de la République pourrait devenir, dans cette vision, une unité opérationnelle de production contribuant à un objectif national cumulé de rendement.</p>
<p>C’est ce que Didier Mumengi appelle une « <em><strong>mobilisation productive guerrière tous azimuts ».</strong></em></p>
<p>Et il précise le sens profond de son concept : la FAPN ne serait pas une quatrième armée au sens traditionnel, mais une « quatrième dimension de la défense nationale », celle de la défense de la Nation contre la faim, la dépendance alimentaire et la vulnérabilité productive.</p>
<p>Son théâtre d’opérations serait le territoire national.</p>
<p>Son arme stratégique : la capacité productive.</p>
<p>Son objectif opérationnel : la fin de la faim.</p>
<p>Sa finalité historique : l’autodétermination productive de la Nation congolaise.</p>
<p>De la révolution agricole à la refondation du circuit économique</p>
<p>Richard Ali pousse encore plus loin l’analyse en interrogeant la capacité de « Militariser l’agriculture » à révolutionner le système économique national au-delà du seul secteur agricole.</p>
<p>Pour Didier Mumengi, la révolution agricole n’est effectivement pas une fin en soi. Elle constitue le point de départ d’une refondation intégrale du circuit économique national.</p>
<p>L’ambition est de transformer la manière dont la richesse est produite, transformée, financée, distribuée, accumulée et réinvestie.</p>
<p>Dans cette perspective, l’agriculture doit alimenter l’agro-industrie ; les mines, l’industrie ; l’industrie, l’emploi et les revenus ; les revenus, l’épargne ; l’épargne, l’investissement ; l’investissement, la production ; la production, l’élargissement de l’assiette fiscale ; et la fiscalité, les infrastructures qui renforcent à leur tour la productivité nationale.</p>
<p>C’est cette circulation organisée de la richesse et cette accumulation endogène du capital que l’auteur veut installer au cœur du nouveau système.</p>
<p>La révolution agro-pastorale devient ainsi le point d’amorce d’un circuit économique national intégré, dans lequel la richesse créée contribue à financer sa propre reproduction élargie.</p>
<p><strong>L’écrivain qui veut « faire advenir</strong> »</p>
<p>Au terme de l’entretien, Richard Ali déplace le regard vers l’homme derrière la doctrine.</p>
<p><strong>Qui est Didier Mumengi ? Un intellectuel politiquement engagé ? Un politicien intellectuellement engagé ?</strong></p>
<p>La réponse est aussi personnelle que programmatique :</p>
<p>« Un écrivain engageant. Tout simplement ! »</p>
<p>Pour Didier Mumengi, l’intellectuel engagé met sa pensée au service de la métamorphose de la société. Le politicien intellectuellement engagé met cette pensée au service de l’action politique.</p>
<p>Mais l’écrivain engageant cherche, lui, à aller plus loin : faire advenir des réalités nouvelles.</p>
<p>Il n’écrit donc pas seulement pour raconter ce qui a été ou décrire ce qui est, mais pour faire advenir ce qui pourrait être.</p>
<p>Transformer les inquiétudes en questions, les questions en idées, les idées en doctrines, les doctrines en programmes et les programmes en actes : telle est la conception qu’il revendique de son métier d’écrivain.</p>
<p>Ses livres ne seraient donc pas de simples exercices littéraires ou intellectuels, mais des instruments d’introspection, de proposition et de transformation du réel.</p>
<p>Il établit alors lui-même un lien entre deux de ses engagements intellectuels : « Paix tout de suite », qui refusait de considérer la guerre comme une fatalité, et « Militariser l’agriculture », qui refuse aujourd’hui de considérer la faim comme une fatalité.</p>
<p>Le même principe les relierait : écrire pour refuser la fatalité, penser pour ouvrir le possible, proposer pour engager l’action salvatrice.</p>
<p>Et lorsqu’arrive la dernière question de Richard Ali — quelle est sa plus grande ambition ? — Didier Mumengi répond par une phrase d’une rare sobriété :</p>
<p>« <strong>J’en ai une. Une seule : que ma mort soit fertile</strong>. »</p>
<p>Une phrase qui, à elle seule, donne une clé de lecture à l’ensemble de cet échange magistral : chez Didier Mumengi, l’écriture semble vouloir survivre à l’écrivain en devenant idée, doctrine, proposition et, surtout, action.</p>
<p>Une première partie à découvrir jusqu’au bout</p>
<p>À travers ce Grand Entretien entre Didier Mumengi et Richard Ali, c’est donc moins la présentation d’un livre que l’exposition d’une vision de transformation nationale qui se dessine : une vision où l’agriculture devient le point de départ d’une mobilisation productive, d’une reconquête territoriale et d’une refondation du circuit économique national.</p>
<p>Bertin Kangamotema Amizia publie ici une première partie de cet entretien exceptionnel. Il reviendra par la suite sur les autres dimensions de cette réflexion et sur la suite de cet échange entre l’écrivain Didier Mumengi et le journaliste-écrivain Richard Ali.</p>
<p>Ne manquez surtout pas de lire jusqu’à la fin, de partager cet entretien avec votre entourage et de nous dire ce que vous en pensez.</p>
<p>Selon vous, la « militarisation de l’agriculture » peut-elle constituer une véritable voie de transformation de l’économie congolaise et de lutte contre la faim ?</p>
<p>Bertin Kangamotema Amizia dans Newmessagerpaix.net</p>
<p>L’article <a href="https://newmessagerpaix.net/militariser-lagriculture-didier-mumengi-ouvre-le-front-de-la-guerre-contre-la-faim/">« Militariser l’agriculture » : Didier Mumengi ouvre le front de la guerre contre la faim.</a> est apparu en premier sur <a href="https://newmessagerpaix.net">New messager de la paix RDC</a>.</p>
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