Kinshasa, 24 avril 2026 ( Newmessagerpaix.net)– Le 24 avril 1990 demeure l’une des dates les plus marquantes de l’histoire politique de la République démocratique du Congo, alors appelée Zaïre. Ce jour-là, dans la cité de la N’Sele, le maréchal Mobutu Sese Seko annonce, la voix tremblante et les yeux embués de larmes, la fin du parti unique et l’ouverture au pluralisme politique après plus de 25 ans de règne sans partage.
Selon plusieurs sources concordantes, le régime du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) était déjà fragilisé depuis plusieurs années par une crise économique profonde, une contestation interne croissante et des pressions internationales accrues, dans un contexte marqué par la fin de la Guerre froide et les vagues de démocratisation en Afrique.
Face à cette conjoncture, le chef de l’État déclare solennellement :
« J’ai décidé, seul devant ma conscience, de tenter l’expérience du pluralisme politique… Comprenez mon émotion. »
Cette déclaration, devenue emblématique, intervient dans un moment rare où le dirigeant laisse transparaître une émotion inhabituelle en annonçant son retrait du MPR.
Le discours prononcé à la N’Sele marque un tournant décisif avec plusieurs mesures importantes :
* Fin du parti-État : le MPR cesse d’être l’unique formation politique obligatoire pour tous les citoyens.
* Introduction du multipartisme : instauration initiale d’un système limité à trois partis, avant une ouverture progressive vers un multipartisme intégral.
* Séparation des fonctions : le président de la République n’est plus automatiquement chef du MPR.
* Libertés publiques : reconnaissance officielle des libertés d’expression et d’association, jusque-là restreintes.
Des témoins rapportent que l’image du maréchal essuyant ses larmes avec un mouchoir a profondément marqué les esprits.
L’authenticité de cette émotion reste sujette à débat. Dans la salle, composée de dignitaires du régime, l’émotion laisse rapidement place à une ferveur intense, accompagnée de chants à la gloire du « Guide ».
À Kinshasa, la population réagit rapidement à cette annonce historique. L’étonnement initial cède la place à une euphorie généralisée :
* émergence de nombreux partis politiques,
* essor de la presse indépendante,
* multiplication des manifestations et débats publics,
* abandon progressif de certaines contraintes liées à la politique d’authenticité.
* Les citoyens s’approprient ainsi un espace de liberté inédit.
Malgré l’enthousiasme initial, la transition politique annoncée pour une durée de 12 mois se prolonge dans un climat d’incertitudes :
* organisation de la Conférence Nationale Souveraine en 1991,
* désignation de Étienne Tshisekedi comme Premier ministre,
* persistance des tensions entre pouvoir et opposition,
* succession de crises politiques et économiques.
Le processus démocratique demeure marqué par des blocages récurrents.
Le discours du 24 avril 1990 met fin au monopole politique du MPR sans pour autant entraîner immédiatement la chute du régime. Toutefois, il amorce un processus irréversible.
Affaibli et isolé, Mobutu Sese Seko quittera finalement le pouvoir en 1997 face à la rébellion conduite par Laurent-Désiré Kabila.
Trente six ans après, cet événement reste chargé de symboles :
* espoir démocratique pour une population longtemps privée de libertés,instabilité politique et sécuritaire durable, crise humanitaire et sécuritaire croissante, quête de paix et du bien-vivre ensemble par un dialogue inclusif réclamée de façon générale.
En prononçant « Comprenez mon émotion », le maréchal Mobutu Sese Seko ne se limitait pas à annoncer une réforme. Il engageait le Zaïre dans une transition majeure dont les effets continuent de marquer la vie politique de la République démocratique du Congo.
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