Kinshasa , 21 juillet 2026 ( Newmessagerpaix.net)– Le dialogue national inclusif en préparation en République démocratique du Congo s’oriente vers un nouveau paradigme, présenté comme une synthèse entre l’approche institutionnelle portée par le Président de la République et celle du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble proposé par la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC).
Invité du Space X animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le secrétaire général et porte-parole de l’ECC, le pasteur Éric Nsenga, a expliqué que le processus en gestation ne sera « ni le dialogue du Président, ni celui de la CENCO », mais « un processus conjoint au service de la nation ».
Selon lui, ce dialogue constitue un « mixage » entre le format institutionnel initialement envisagé par les autorités et la démarche portée depuis plusieurs mois par les deux principales confessions chrétiennes du pays.
« Le dialogue sera un processus conjoint au service de la nation. »
Pour le responsable de l’ECC, il s’agit avant tout d’un dialogue des citoyens, auquel devront participer l’ensemble des forces vives de la nation, sans exclusion.
Un processus qui avance « crescendo »
Revenant sur la mission confiée aux Églises par le Président Félix Tshisekedi, le pasteur Éric Nsenga a indiqué que les différentes étapes du processus devaient se construire progressivement.
« Les choses doivent avancer crescendo. »
Il a expliqué qu’une première étape a consisté à restaurer un climat de confiance entre l’État et les Églises avant l’annonce officielle de l’engagement du pays dans un processus de dialogue national.
Selon lui, la mission actuelle de la CENCO et de l’ECC consiste désormais à préparer l’environnement favorable à la tenue de ce dialogue.
« Le dialogue doit être inclusif. »
Il estime qu’aucun dialogue véritable ne peut prospérer tant que subsistent les blessures, la méfiance et les tensions accumulées au fil des crises politiques et sécuritaires.
Créer les conditions de l’apaisement
Le porte-parole de l’ECC considère que la priorité est aujourd’hui la décrispation du climat politique afin de permettre aux différents acteurs de s’asseoir autour d’une même table.
C’est dans cette logique que les Églises ont entrepris des consultations avec plusieurs composantes politiques, notamment les responsables de la C64.
Le report de la marche annoncée par cette plateforme a été salué par le pasteur Éric Nsenga comme un acte de responsabilité.
Selon lui, cette décision démontre que les acteurs politiques peuvent placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des considérations partisanes.
Il a expliqué que cette démarche visait également à mesurer la volonté réelle des acteurs politiques de participer à un processus de décrispation avant même l’ouverture officielle du dialogue.
Une médiation au service de tous les Congolais
Le pasteur Éric Nsenga a confirmé que la CENCO et l’ECC exerceront un rôle de médiation, même si les modalités de cette mission restent encore à formaliser.
Il a indiqué que la feuille de route élaborée précédemment avec le cabinet du Chef de l’État est actuellement en cours d’actualisation et devrait être rendue publique après sa finalisation.
Il a également insisté sur le fait qu’aucun acteur ne devait être exclu du processus.
Interrogé sur les groupes présents à Goma, il a rappelé :
« Ceux qui sont à Goma sont nos frères. »
Pour lui, la recherche de la paix impose de parler avec tous les Congolais concernés par la crise afin de reconstruire durablement la cohésion nationale.
Le dialogue au-delà des clivages institutionnels
Abordant la question du cadre juridique, le pasteur Éric Nsenga a estimé que certaines circonstances exceptionnelles peuvent conduire un pays à recourir à des mécanismes politiques adaptés à la gravité de la crise.
Selon lui, la guerre impose parfois des réponses qui dépassent le fonctionnement institutionnel ordinaire.
« On ne résout pas la guerre avec la Constitution. »
Il a rappelé que la RDC demeure confrontée à un conflit armé dont la résolution nécessite avant tout une volonté politique collective.
Le Secrétaire Général de l’ECC a toutefois précisé que les Églises n’entendent pas se substituer aux acteurs politiques.
Elles souhaitent uniquement créer un espace permettant aux Congolais de trouver eux-mêmes les réponses aux défis de leur pays.
Les leçons des expériences internationales
Le pasteur Éric Nsenga inscrit cette démarche dans la tradition des grands processus de réconciliation nationale observés à travers le monde.
À l’image de l’Afrique du Sud, où le dialogue, le pardon et la Commission Vérité et Réconciliation ont permis de tourner la page de l’apartheid, ou encore de l’Allemagne, qui a réussi à reconstruire son unité après des décennies de division, il estime que les peuples peuvent dépasser leurs fractures lorsqu’ils privilégient l’intérêt supérieur de la nation.
Pour la CENCO et l’ECC, ces expériences montrent qu’une paix durable ne résulte pas de la victoire d’un camp sur un autre, mais d’une volonté commune de reconnaître les blessures du passé, de restaurer la confiance et de bâtir un avenir partagé.
Le dialogue national inclusif en préparation se veut ainsi un espace de réconciliation où chaque citoyen, chaque composante politique, sociale, religieuse ou communautaire pourra contribuer à la recherche de solutions consensuelles pour la paix, la sécurité, la gouvernance et le vivre-ensemble.
En conclusion, le pasteur Éric Nsenga lance un appel à un véritable sursaut patriotique, affirmant que ce dialogue ne doit appartenir ni au pouvoir, ni à l’opposition, ni aux Églises, mais à l’ensemble de la nation congolaise.
Bertin Kangamotema Amizia/Newmessagerpaix.net





