Une tribune du Professeur Bob Bobutaka Bateko pour réhabiliter un texte fondateur de la souveraineté congolaise

Le 30 juin 1960 constitue une date charnière dans l’histoire de la République Démocratique du Congo. À travers la Déclaration conjointe des Gouvernements congolais et belge, acte officiel de la décolonisation, naît juridiquement et politiquement un État souverain. Pourtant, au-delà de sa portée historique évidente, ce document demeure insuffisamment connu et approprié par les Congolais eux-mêmes
Cette tribune met en lumière la pertinence scientifique et mémorielle du travail du Professeur Bob Bobutaka Bateko, archiviste et documentaliste, dont les recherches s’inscrivent dans une dynamique interdisciplinaire entre archivistique, archivologie, légistique et archivosociométrie, sans altérer ni les termes ni les idées fondamentales de son étude.
La Déclaration conjointe de 1960 : un document d’archives de souveraineté

La Déclaration de l’indépendance du Congo Léopoldville, connue sous l’appellation officielle de Déclaration conjointe des Gouvernements congolais et belge, représente bien plus qu’un simple acte symbolique. Elle constitue :
* Un document d’archives de la décolonisation,
* Un acte juridique fondateur de la République,
* Et surtout, un instrument de traçabilité managériale toujours en vigueur.
Contrairement au traité de cession du Congo à la Belgique et à la charte coloniale — devenus des archives de traçabilité historiographique —, la déclaration d’indépendance conserve une utilité nationale actuelle. Elle marque la rupture juridique avec l’ordre colonial et fonde l’existence de l’État congolais moderne.
Une approche scientifique innovante : entre légistologie et archivosociométrie

Le Professeur Bob Bobutaka Bateko inscrit son analyse dans une démarche rigoureuse fondée sur :
La légistique et la légistométrie, qui permettent d’examiner la structure et la portée juridique du texte ;
* L’archivistique et l’archivologie, pour situer le document dans le système global des archives ;
* L’archivosociométrie, méthode visant à mesurer l’impact des archives dans la société.
Cette approche est renforcée par la théorie de la bibliologie politique, qui analyse les faits liés à l’écrit dans un contexte politique, en l’occurrence celui de la décolonisation.
Une mémoire nationale fragilisée : les résultats préoccupants de l’enquête
L’étude menée en 2021 par Bobdiane Bobutaka, sous la direction scientifique du Professeur Bob Bobutaka, met en évidence une réalité préoccupante :
* 54 % des enquêtés n’ont jamais lu ni vu la Déclaration de l’indépendance ;
Une méconnaissance généralisée entoure ses caractéristiques essentielles (lieu de signature, signataires, contenu, structure) ;
La perception du document reste globalement négative ou imprécise, faute d’information suffisante.
Ces résultats confirment les hypothèses de départ :
* la majorité des Congolais ne connaît pas ce document fondamental, et cette ignorance affecte leur perception de la souveraineté nationale.
Un texte fondateur au cœur d’un moment historique majeur.

La signature de la Déclaration conjointe intervient dans un contexte historique précis :
Les Tables rondes de Bruxelles (janvier 1960), où se négocient les modalités de l’indépendance ;
Une cérémonie officielle marquée par trois discours majeurs :
* le Roi Baudouin Ier,
* le Président Joseph Kasa-Vubu,
* le Premier ministre Patrice-Emery Lumumba ;
Une dimension culturelle forte incarnée par la chanson « Indépendance Cha Cha » de Joseph Kabasele, véritable hymne panafricain de l’émancipation.

Ainsi, la décolonisation congolaise ne se limite pas à un acte juridique : elle s’inscrit dans une dynamique politique, sociale et culturelle d’envergure continentale.
La déclaration conjointe : un socle à valoriser dans la conscience collective
L’analyse du Professeur Bob Bobutaka Bateko souligne avec force que la Déclaration conjointe des Gouvernements congolais et belge doit être considérée comme :
Le socle juridique de la République Démocratique du Congo ;
Un élément central de la mémoire nationale ;
* Un outil de légitimation républicaine indispensable.
Son insuffisante appropriation par les citoyens révèle un déficit de valorisation des archives nationales, ce qui, selon plusieurs spécialistes de la mémoirologie, contribue aux difficultés structurelles que traverse le pays.
Conclusion : pour une réappropriation urgente de la mémoire archivistique
La Déclaration de l’indépendance du 30 juin 1960 n’est pas un simple vestige du passé : elle est un document vivant, au cœur de l’identité et de la souveraineté congolaises.
Le travail intellectuel du Professeur Bob Bobutaka Bateko, en articulant archivistique, légistologie et archivosociométrie, offre une grille de lecture essentielle pour comprendre l’importance stratégique de ce texte. Il appelle à une réhabilitation urgente de la mémoire archivistique nationale, condition sine qua non pour renforcer la conscience citoyenne et consolider l’État.
En définitive, ignorer la Déclaration conjointe, c’est fragiliser le fondement même de la République. La connaître, la diffuser et la valoriser constitue un impératif scientifique, politique et patriotique.
Tribune du Professeur Bob Bobutaka Bateko
Bertin Kangamotema Amizia/Newmessagerpaix.net





