Des attaques verbales jugées graves et inacceptables
Une vive indignation secoue l’opinion publique en République démocratique du Congo après la circulation de propos injurieux, dégradants et à connotation sexiste visant la Première ministre et Cheffe du gouvernement congolais, Judith Suminwa Tuluka ainsi que plusieurs femmes occupant des fonctions de responsabilité.
Ces attaques, loin de relever du débat démocratique, sont perçues comme une dérive préoccupante portant atteinte à la dignité humaine et aux valeurs républicaines.
Un cadre juridique clair : la loi condamne ces dérives
Maître Aline Kangamotema N’sele, avocate au barreau de Kinshasa Matete s’appuie sur plusieurs dispositions légales pour dénoncer ces actes :
* Constitution de la RDC – Article 14 : garantit l’égalité entre l’homme et la femme et interdit toute discrimination fondée sur le sexe.
* Article 16 : consacre le respect de la dignité humaine et prohibe tout traitement cruel, inhumain ou dégradant.
* Loi n°15/013 du 1er août 2015 sur la parité : impose la promotion et la protection de la femme dans les institutions publiques.
* Ordonnance-loi du 25 mars 1960 : sanctionne les propos incitant à la haine ou à la discrimination.
Ces textes, souligne Maître Aline Kangamotema, établissent clairement que les insultes publiques à caractère sexiste constituent :
* une atteinte à la dignité humaine,
* une violence morale et psychologique,
* une discrimination basée sur le genre.
Des engagements internationaux également violés
A en croire, Maitre Aline Kangamotema, la RDC est liée par plusieurs instruments juridiques internationaux, notamment :
* la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), qui oblige les États à protéger les femmes contre toutes formes de violences, y compris verbales ;
* les principes universels des droits humains, qui garantissent la dignité et l’égalité de tous.
Ainsi, pour elle, ces propos constituent également une violation des engagements internationaux du pays.
Une menace pour le leadership féminin
Au-delà du droit, ces attaques fragilisent les avancées en matière de parité et de participation des femmes à la vie publique, soutient Maître Aline Kangamotema.
Elles créent un climat d’intimidation susceptible de décourager l’engagement féminin dans les sphères décisionnelles.
Maître Aline Kangamotema N’sele : des propos forts et sans équivoque
Dans une déclaration ferme, Maître Aline Kangamotema N’sele dénonce avec vigueur :
« Ce que nous observons aujourd’hui n’est pas de la liberté d’expression, c’est une violence verbale caractérisée et une atteinte grave à la dignité humaine. »
Et d’ajouter :
« Insulter une femme en raison de son statut ou de son genre constitue une violation flagrante de la Constitution et des lois de la République. »
Et également :
« La démocratie ne se construit pas dans l’injure, mais dans le respect des institutions et des personnes. »
Et souligne en plus:
« S’attaquer à une femme dirigeante, c’est s’attaquer à toutes les femmes congolaises et compromettre les efforts de promotion de l’égalité. »
Un appel à des sanctions et à la responsabilité collective
Face à cette situation, elle exige :
* l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs ;
* l’application stricte des lois en matière de protection de la dignité humaine ;
* un sursaut de responsabilité des acteurs politiques et sociaux ;
* une mobilisation citoyenne contre les discours haineux.
Elle rappelle avec insistance :
« La liberté d’expression n’est pas une licence d’insulter, ni un permis de discriminer. Elle s’exerce dans le respect de la loi. »
Une ligne rouge à ne pas franchir
Pour Maître Aline Kangamotema N’sele, la dignité de la femme constitue un principe non négociable :
« La dignité de la femme n’est pas négociable. Elle est protégée par la Constitution, par la loi et par les engagements internationaux de notre pays. »
Dans un contexte où la RDC s’efforce de consolider l’État de droit et l’égalité des chances, cette affaire apparaît comme un test majeur pour la justice et la société congolaise.
Newmessagerpaix.net/Christenvie KUKU





