Uvira, 13 mars 2026 (Newmessagerpaix.net/ACP ).— Au moins 130 cas de rougeole ont été enregistrés dans la zone de santé de Kimbi-Lulenge, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, selon des sources sanitaires locales contactées jeudi par l’ACP et relayé vendredi par Newmessagerpaix.net.
Le médecin chef de zone de santé, le docteur Bora Lukanda, a indiqué que la situation épidémiologique reste préoccupante depuis la fin de l’année dernière.
« Nous avons déjà enregistré plus de cent trente cas de Rougeole dans notre zone de santé de Kimbi-Lulenge dans le territoire de Fizi, et cela depuis le 29 décembre 2025 », a-t-il déclaré.
Plusieurs aires de santé touchées
Selon les autorités sanitaires, toutes les aires de santé de la zone sont affectées, avec une concentration importante de cas dans les localités de Misisi, Lubichako, Butale, Ngalula et Makungu.
Le docteur Bora Lukanda a également déploré l’insuffisance de moyens pour faire face à l’épidémie, précisant que la zone de santé ne bénéficie actuellement d’aucun appui extérieur.
« Cette épidémie fait rage alors que nous ne disposons d’aucun partenaire étranger pour nous accompagner. C’est pour cette raison que je séjourne à Uvira afin de rencontrer l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières et voir dans quelle mesure elle peut nous apporter un soutien», a-t-il expliqué.
La société civile tire la sonnette d’alarme
De son côté, le président de la société civile des compatriotes du secteur de Ngandja dans le territoire de Fizi, Dunia Kashindi Asumani, a lancé un appel pressant aux autorités sanitaires ainsi qu’aux partenaires humanitaires pour une intervention rapide.
Il a notamment exhorté le gouvernement provincial du Sud-Kivu et les autorités nationales à s’impliquer afin d’évaluer la gravité de la situation, qui atteint un niveau critique sur l’axe Misisi-Nyange.
Selon cet acteur de la société civile, l’insuffisance de campagnes de vaccination et le manque de ressources médicales ont contribué à la propagation rapide de la maladie dans plusieurs localités rurales.
Une urgence de santé publique
Les structures sanitaires locales – centres de santé, dispensaires et hôpitaux – sont actuellement sous forte pression face à l’afflux de malades, principalement des enfants.
D’après les données recueillies sur le terrain, au moins 20 décès liés à cette épidémie ont déjà été enregistrés, une situation qui renforce l’urgence d’une mobilisation sanitaire et humanitaire.
Les acteurs locaux plaident pour une intensification des campagnes de vaccination, un renforcement du système de santé communautaire et une assistance humanitaire rapide, afin de contenir la propagation de la maladie et préserver la santé des populations.
Dans une région marquée par de nombreux défis socio-économiques, les autorités sanitaires rappellent que la prévention, la vaccination et la solidarité entre partenaires restent des leviers essentiels pour promouvoir la santé publique, la stabilité sociale et le développement durable dans les communautés rurales de l’est de la RDC.
Newmessagerpaix.net/Anne Raïssa Kangamotema Tiré de l’ACP





