Kinshasa, 30 mai 2026 – Réunies en concertation à la paroisse Fatima de Kinshasa, plusieurs organisations de la société civile congolaise ont lancé un appel solennel au Sénat afin qu’il fasse preuve de « sagesse républicaine » face au débat sur la loi portant organisation du référendum, dont l’adoption à l’Assemblée nationale suscite de vives inquiétudes.
Elle doit à présent être envoyée au Sénat pour son examen en seconde lecture avant son adoption définitive et sa transmission au Président de la République pour promulgation.
Dans une déclaration rendue publique, samedi 30 mai, près de 40 organisations signataires estiment que la République démocratique du Congo traverse une période particulièrement critique marquée par la guerre dans l’Est du pays, les déplacements massifs des populations, la crise humanitaire ainsi que les tensions politiques liées aux discussions sur une éventuelle révision constitutionnelle.
Pour ces organisations, toute initiative visant à modifier l’ordre constitutionnel actuel est « ni opportune ni prioritaire » dans un contexte où une partie du territoire national demeure sous occupation.

Elles considèrent que la priorité devrait être accordée à la restauration de la sécurité, à la défense de l’intégrité territoriale et au renforcement de la cohésion nationale.
S’adressant directement au président du Sénat, la société civile l’invite à s’inspirer de l’attitude adoptée en 2015 par Léon Kengo wa Dondo.
Selon les signataires, celui-ci avait alors contribué à éviter au pays une grave crise politique et sociale en privilégiant l’intérêt supérieur de la Nation.
Les organisations signataires appellent également le Président de la République, Félix Tshisekedi, à suspendre le processus en cours afin de prévenir toute escalade des tensions et de garantir la stabilité nationale.
Le précédent de 2015 toujours dans les mémoires
En janvier 2015, le pouvoir de Joseph Kabila avait soutenu une réforme de la loi électorale subordonnant les élections à un recensement général de la population.
L’opposition et la société civile y voyaient une manœuvre destinée à retarder la présidentielle de 2016 et à prolonger le mandat du chef de l’État au-delà de la limite constitutionnelle.
Cette initiative avait déclenché d’importantes manifestations à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays, faisant plusieurs dizaines de morts lors de leur répression.
Un contexte national sous haute tension
« Le contexte national extrêmement sensible redouble notre inquiétude », souligne la déclaration, qui appelle à la suspension du processus en cours. Les organisations rappellent également aux élus leur « responsabilité historique » dans la préservation de la paix, de l’unité nationale et de la démocratie.





La société civile met en garde contre les risques de polarisation, d’instrumentalisation politique de la jeunesse et de multiplication des discours de haine, susceptibles d’alimenter les tensions dans un pays déjà fragilisé par les conflits armés.
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