Kinshasa, 2 février 2026 ( New Messager de la Paix)— Monsieur l’abbé José Mpundu, prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa et psychologue clinicien, a exhorté les fidèles et les intellectuels catholiques à faire de la non-violence évangélique active un véritable style de vie et une stratégie d’action pour la justice, la réconciliation et la paix.
Il s’exprimait lors d’une conférence donnée le dimanche 25 janvier 2025, à l’occasion du week-end de prière et de réflexion organisé par l’aumônerie diocésaine des intellectuels catholiques de Kinshasa.
Dans un contexte national et mondial marqué par des violences multiformes et des injustices persistantes, l’abbé Mpundu a posé une question centrale : peut-on réellement mettre fin à la violence autrement que par la violence elle-même ?
S’appuyant sur l’expérience historique du Congo, il a rappelé que les guerres dites de « libération » n’ont pas apporté la paix durable promise, mais ont plutôt prolongé un cycle de conflits, de dictatures et de souffrances.La violence : une réalité à déconstruire.
Dans son analyse, le conférencier a tenu à distinguer la violence de notions souvent confondues avec elle, telles que la force, l’agressivité ou la combativité. Si ces dernières peuvent être orientées vers le bien ou le mal, la violence, elle, est fondamentalement destructrice.
Elle est, selon ses termes, doublement meurtrière, car elle détruit à la fois la victime et l’auteur, en déshumanisant ce dernier. L’injustice, a-t-il souligné, constitue l’une des formes les plus graves de violence. Dictatures, guerres, systèmes politiques et économiques inéquitables relèvent de ce qu’il appelle une violence institutionnelle ou structurelle, génératrice de contre-violences.
La violence trouve cependant sa source la plus profonde dans le cœur de l’homme : peur, cupidité, jalousie, orgueil, égoïsme et volonté de domination.Résignation ou contre-violence : des impassesFace à la violence, deux réactions dominent généralement : la résignation passive, faite de silence et de peur, et la contre-violence, qui consiste à rendre le mal par le mal.
Pour l’abbé Mpundu, aucune de ces attitudes ne met fin à la violence. La résignation entretient l’injustice, tandis que la contre-violence alimente une spirale sans fin, conduisant à l’escalade et à la destruction.
La non-violence évangélique active : une autre voie.
C’est dans ce contexte que l’orateur a proposé la non-violence évangélique active, inspirée de l’enseignement et de la pratique de Jésus-Christ. Contrairement à une idée reçue, cette non-violence n’est ni faiblesse ni passivité.
Elle repose sur une vision profondément humaniste de l’homme, considéré comme cœur et conscience, toujours capable d’être touché par l’amour et la vérité. Avant d’être une méthode de lutte, la non-violence est une spiritualité et un style de vie, fondés sur trois piliers : le respect absolu de toute personne humaine, l’amour de l’ennemi et le pardon des offenses.
Pardonner, a-t-il précisé, ne signifie ni oublier ni banaliser le mal, mais refuser de laisser celui-ci déterminer l’avenir.
Principes, stratégies et armes de la non-violenceS’appuyant sur les enseignements de Martin Luther King, l’abbé Mpundu a rappelé que la non-violence active vise non pas à humilier l’adversaire, mais à gagner sa compréhension et à restaurer la relation.
Elle combat les forces du mal, non les personnes, accepte la souffrance sans représailles et refuse la haine.Ses armes sont l’amour, qui touche le cœur, et la vérité, qui interpelle la conscience. L’intervenant a illustré cette force par l’épisode marquant de la marche du 16 février 1992, lorsque une vieille maman désarma moralement un soldat par une simple parole de vérité et d’humanité.
Sur le plan pratique, l’action non-violente exige une analyse rigoureuse des situations d’injustice, un recours prioritaire au dialogue de négociation, et, en cas d’échec, des actions directes non violentes telles que les pétitions, marches pacifiques, boycotts, grèves responsables, non-coopération ou désobéissance civile face aux lois injustes.
Un choix courageux pour l’avenirEn conclusion, l’abbé José Mpundu a invité particulièrement les jeunes à refuser la fatalité de la violence et à devenir acteurs de transformation sociale. Refuser d’être victime, oser dire la vérité, susciter le respect, faire appel à la loi, jouer un rôle de médiateur et construire des projets collectifs : telles sont, selon lui, les clés d’une paix durable.Pour le prêtre et psychologue clinicien, la non-violence évangélique active demeure un choix exigeant mais porteur d’espérance, fondé sur la conviction que la justice, la réconciliation et la paix sont possibles lorsque l’homme accepte de rompre, en lui-même et dans la société, la spirale de la violence.
Bertin Kangamotema/Newmessagerpaix.net






