Une suspension stratégique pour corriger les inégalités salariales

Lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi a décidé de suspendre toute nouvelle augmentation des primes en faveur des agents et fonctionnaires de l’État déjà régulièrement rémunérés.
Cette mesure conservatoire vise à maîtriser la masse salariale publique, dans l’attente des conclusions d’un audit en cours et de la mise en œuvre d’une nouvelle politique salariale plus équitable.
Toutefois, le Chef de l’État a tenu à préserver les engagements déjà conclus avec les partenaires sociaux, ainsi que les ajustements barémiques en cours.
Priorité aux agents oubliés du système de paie
Au cœur de cette réforme, le Président Tshisekedi entend rediriger les ressources disponibles vers les agents effectivement en service mais non encore mécanisés.

Les économies issues de l’assainissement du fichier de la paie, de la rationalisation des effectifs et de l’enveloppe additionnelle prévue dans la loi des finances rectificative 2026 seront prioritairement affectées à ces travailleurs longtemps marginalisés.
Selon lui, cette orientation permettra de corriger progressivement une injustice persistante : celle d’agents régulièrement identifiés et inscrits au fichier de référence de l’administration publique (FRAP), mais qui ne perçoivent aucun salaire.
Des dysfonctionnements dénoncés au sommet de l’État


Le Président de la République a vivement dénoncé les profondes disparités salariales observées entre différentes administrations, ainsi qu’entre les services centraux et ceux des entités territoriales décentralisées.
Pour Félix Tshisekedi, cette situation est désormais inacceptable, car elle compromet la réalisation de ses engagements pris devant le peuple congolais.
Il a, à cet effet, instruit le gouvernement d’agir rapidement, en impliquant notamment les ministères du Budget, des Finances et de la Fonction publique, sous la coordination de la Première ministre.
Fin des privilèges injustifiés et contrôle des dépenses publiques
Dans la même dynamique de rigueur, le Chef de l’État a interdit la prise en charge de nouvelles commissions ou structures permanentes, afin d’éviter l’apparition de dépenses supplémentaires susceptibles d’alourdir la masse salariale.
Cette décision s’inscrit dans une volonté claire de mettre fin aux pratiques qui favorisent des agents indûment rémunérés, parfois sans prestation réelle, au détriment de ceux qui travaillent effectivement.
Vers une révolution salariale : « un poste, un salaire » dès 2027
De son côté, le ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a annoncé une réforme majeure à l’horizon 2027.
Selon lui, la rémunération ne sera plus basée sur le numéro matricule administratif, mais sur le travail réellement accompli.

Le principe retenu est clair : « un poste, un salaire », mettant ainsi fin à un système jugé obsolète et source d’injustices.
Rendre justice aux agents réellement actifs
Cette réforme ambitionne de rétablir l’équité au sein de l’administration publique congolaise, en garantissant une rémunération juste pour les agents qui accomplissent effectivement leurs missions.
Comme l’a souligné Jean-Pierre Lihau, de nombreux agents travaillent depuis des années sans percevoir de salaire, tandis que d’autres bénéficient indûment de rémunérations sans prestation réelle.
La nouvelle politique salariale vise donc à corriger ces anomalies et à restaurer la crédibilité du système de paie de l’État.
Un tournant décisif pour l’administration publique congolaise
Avec ces mesures, le gouvernement congolais amorce un virage décisif vers une gestion plus transparente, équitable et rationnelle des ressources humaines et financières de l’État.
L’objectif est clair : mettre fin aux injustices salariales et garantir que chaque agent soit rémunéré à la hauteur de son travail réel.
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