À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée le vendredi 16 octobre 2026, le Collectif des ONG et Mouvements de la Jeunesse Féminine (COJEF ASBL) a officiellement lancé son Jubilé d’argent, placé sous le signe de la mémoire, de la reconnaissance et de la transmission.

Réunis à la Bibliothèque Urbaine de Kinshasa, femmes, jeunes, entrepreneurs et acteurs du développement ont partagé leurs expériences et mis en lumière des solutions concrètes pour renforcer la production locale, promouvoir l’innovation agroalimentaire et combattre durablement la faim et la pauvreté en République démocratique du Congo.


De la terre à l’assiette, des solutions pour nourrir demain

« Innover aujourd’hui pour nourrir demain »: le thème international de cette édition a trouvé un écho particulier dans les échanges organisés par le COJEF autour du thème de mobilisation : « Ensemble, éradiquons la faim et la pauvreté », porté par le slogan : « ELONGO, TOLONGA NZALA MPE BOBOLA ! »
Dans son allocution, Anne Raïssa Kangamotema, Présidente nationale du COJEF et Coordonnatrice générale du Jubilé d’argent, a réaffirmé l’engagement de son organisation à soutenir les efforts des femmes, des hommes et des jeunes qui travaillent sur le terrain pour nourrir les familles, créer des revenus et développer des activités économiques durables.

Au-delà des discours, la rencontre a privilégié le partage d’expériences, la valorisation des initiatives locales et la recherche de partenariats entre producteurs, entrepreneurs et organisations de la société civile.
La pisciculture et l’agriculture innovante à l’honneur


Parmi les témoignages qui ont retenu l’attention, celui consacré aux tilapias à Mangai, a illustré le potentiel de la pisciculture.
Introduits sous forme d’alevins lors du Jubilé d’argent de la paroisse Sacré-Cœur de Mangai, ces poissons ont atteint, cinq mois plus tard, un poids individuel supérieur à un kilogramme.
Leur récolte est annoncée pour la fin du mois, avec un poids moyen attendu de 1,5 kg à maturité. Une performance saluée par les participants, qui ont félicité l’expert Tea Ongwi Robert Tikazala.
Le professeur Paul Tete Wersey a, pour sa part, captivé l’assistance par son intervention sur le rapport à la terre, notamment sous l’angle coutumier. Son message a rappelé l’importance de prendre soin de la terre et de la valoriser : « Il faut savoir donner à la terre, qui, à son tour, vous en rendra davantage. »

Membre pionnier du COJEF, l’expert forestier Robert Tikazala a également retracé plusieurs actions multisectorielles menées par l’organisation au cours de ses 25 années d’engagement.

Il a notamment attiré l’attention sur les possibilités de développer la pisciculture à domicile, une activité susceptible de contribuer à l’amélioration de l’alimentation des ménages et à la création de revenus.
Autre initiative présentée, celle de l’ONG AGAD, engagée dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Son responsable défend un objectif ambitieux : faire de chaque Congolais un agriculteur indépendant, capable de contribuer à son propre développement et à l’émergence d’une classe moyenne.

L’organisation affirme promouvoir différentes techniques agricoles et d’élevage : multiplication des plants, cultures vivrières et de rente, hydroponie, pisciculture intensive, champignonnières et apiculture.

Elle met également en avant des méthodes qu’elle présente comme biologiques, sans engrais chimiques. Ces différentes propositions soulèvent un enjeu essentiel : documenter les résultats obtenus, vérifier les performances annoncées et faciliter l’accès des producteurs aux techniques adaptées à leurs réalités.
Du champ à l’assiette : servir à table, le dernier maillon de la chaîne

La réflexion sur la sécurité alimentaire a également mis en lumière un maillon essentiel, parfois moins visible, mais tout aussi déterminant : le service à table, ultime étape du processus « du champ, de l’étang et de la ferme à l’assiette ».

À travers les extraits vidéo présentés à l’assistance, la déléguée de la Miséricorde, Madame Nadia Lokegi, responsable d’un service traiteur, a illustré l’importance de la préparation, de la présentation et du service des repas dans la valorisation des produits alimentaires.
Ces images, particulièrement convaincantes, ont permis de mieux saisir les possibilités économiques qui s’ouvrent entre la production agricole, la transformation culinaire et la restauration.
Cette contribution a renforcé l’intérêt de développer, autour du Jubilé d’argent du COJEF, un réseau fédérateur de femmes et de jeunes entrepreneurs, réunissant producteurs, pisciculteurs, éleveurs, transformateurs, restaurateurs et prestataires de services.
L’objectif est de favoriser les complémentarités, de créer des débouchés commerciaux, de stimuler l’emploi et de faire de chaque étape de la chaîne alimentaire une source de valeur ajoutée.
La restauration et le service traiteur ne constituent donc pas seulement l’aboutissement du processus alimentaire : ils représentent également des activités économiques susceptibles d’offrir de nouvelles perspectives aux femmes et aux jeunes.
Ainsi, de la production jusqu’au service à table, le COJEF entend promouvoir une vision intégrée de la sécurité alimentaire, dans laquelle chaque acteur contribue à nourrir la population tout en participant à la lutte contre la pauvreté.
Du champ, de l’étang et de la ferme à l’assiette, jusqu’au service à table : produire, transformer, préparer, servir et créer ensemble de nouvelles opportunités.
COJEF 25 : transmettre la flamme et préparer l’avenir



Le lancement officiel du Jubilé d’argent a donné à cette journée une dimension historique. Sous le thème « COJEF 25 — LA FLAMME DES GÉNÉRATIONS », l’organisation entend faire de ses 25 années d’existence un levier de mobilisation en faveur des femmes et des jeunes.
Cette célébration est aussi un moment de mémoire. Une minute de silence a été consacrée aux membres disparus qui ont contribué à l’histoire du COJEF, notamment Agapit Marius Ngayndam, cofondateur, Aimée Ndaya Mwananzila, première Présidente provinciale au Kongo-Central, Béatrice Nsoki, Lulendo Odette, Lulendo Judith et Belinda Mpoyi Mafu.


En déclarant officiellement ouvert le Jubilé d’argent, Anne Raïssa Kangamotema a lancé une nouvelle étape de mobilisation, de reconnaissance et de transmission des valeurs de l’organisation.
De la mobilisation aux résultats concrets
Au terme de cette rencontre, une conviction s’est imposée : la lutte contre la faim et la pauvreté ne peut reposer sur la seule disponibilité des terres ou des ressources naturelles.
Elle exige aussi des compétences, des innovations éprouvées, des moyens de financement, une meilleure conservation des produits et des circuits de commercialisation efficaces.

Pour le COJEF, cette double célébration du 16 octobre 2026 constitue ainsi un appel à transformer les expériences de terrain en projets viables, les échanges en partenariats et les engagements en résultats mesurables.
Le développement du réseau des femmes et des jeunes entrepreneurs autour du Jubilé d’argent apparaît, dans cette perspective, comme une piste importante pour rapprocher les différents métiers de la chaîne alimentaire, encourager les collaborations et favoriser la création de nouvelles opportunités économiques.
Vingt-cinq ans après sa création, le COJEF veut faire de son Jubilé d’argent davantage qu’une commémoration : un nouveau départ pour l’autonomisation des femmes, l’entrepreneuriat des jeunes et la sécurité alimentaire en RDC.
Du champ, de l’étang et de la ferme à l’assiette, jusqu’au service à table, l’ambition est désormais de produire, transformer, préparer, servir et distribuer davantage pour mieux nourrir la population et créer de la richesse.
ELONGO, TOLONGA NZALA MPE BOBOLA !
Newmessagerpaix.net/Marien Lokasa





