GRAND REPORTAGE EXCLUSIF — NEW MESSAGER DE LA PAIX
Kinshasa, lundi 12 octobre 2026 — Édition spéciale anniversaire

À l’occasion de ses 25 ans, la Bibliothèque urbaine de Kinshasa se trouve à un moment charnière de son histoire. Institution dédiée à la documentation, à la recherche et à la promotion de la lecture publique, elle a traversé un quart de siècle grâce à l’engagement de ses responsables et de ses collaborateurs, tout en faisant face à des contraintes financières, matérielles et institutionnelles.
Dans ce grand reportage exclusif, New Messager de la Paix recueille les témoignages du directeur général, le professeur Paul Tete Wersey, de son adjoint, Théophile Kikobo, de cinq collaborateurs et de deux abonnés. Leurs expériences convergent vers une même ambition : préserver les acquis, moderniser les services, préparer la relève professionnelle et faire de la bibliothèque un véritable outil public au service de tous les Kinois.

PAUL TETE WERSEY : « LA BIBLIOTHÈQUE N’EST PAS MA STRUCTURE PERSONNELLE, C’EST UNE AFFAIRE DE LA VILLE »

Le plaidoyer du directeur général pour une appropriation institutionnelle plus forte, un financement régulier, des partenariats renforcés et une participation active des lecteurs.
Pour le professeur Paul Tete Wersey, le vingt-cinquième anniversaire doit servir de point d’appui à une nouvelle dynamique. La célébration ne suffit pas : elle doit ouvrir la voie à des actions concrètes en faveur de la pérennité de l’institution.
Le message adressé aux autorités urbaines est celui d’une responsabilité partagée. La ville est appelée à renforcer son engagement, les partenaires à poursuivre et élargir leur soutien, et les lecteurs à prendre une part plus active à la vie de la bibliothèque.
Après 25 ans de persévérance, l’objectif est de permettre à cette institution de franchir une nouvelle étape et de contribuer davantage à la démocratisation du savoir, à la recherche et au progrès intellectuel de Kinshasa.
PAUL TETE WERSEY : PRÉPARER DÈS LE SECONDAIRE LES FUTURS PROFESSIONNELS DE L’INFORMATION DOCUMENTAIRE

Avec les Bayekoli ya Mokanda, la Bibliothèque urbaine de Kinshasa envisage une filière de documentation pour préparer la relève des bibliothécaires, archivistes et professionnels de l’édition.
Le projet témoigne néanmoins d’une volonté de préparer la relève plutôt que d’attendre que les besoins en professionnels documentaires deviennent plus pressants.
À travers cette vision, le professeur Paul Tete Wersey souhaite contribuer à la consolidation des métiers du livre, des archives et de la documentation en République démocratique du Congo.
L’enjeu est de préparer, dès le secondaire, une génération qui pourra préserver le patrimoine documentaire, organiser l’information et faciliter son accès aux citoyens.
THÉOPHILE KIKOBO : 25 ANS AU SERVICE DE LA LECTURE PUBLIQUE, MALGRÉ DES MOYENS LIMITÉS

Missions de l’institution, fonds documentaire estimé à 26 000 ouvrages, formation des professionnels et projet de bibliothèques de proximité.
Le défi consiste désormais à renforcer les collections, améliorer les outils de gestion, soutenir la formation professionnelle et rapprocher la lecture publique des populations.
Pour que ces objectifs deviennent réalité, les responsables appellent à une implication plus forte des autorités urbaines et des partenaires susceptibles de soutenir le développement de l’institution.
Investir dans la bibliothèque, c’est investir dans la connaissance, la formation et l’avenir intellectuel de la population kinoise.
LES COLLABORATEURS TÉMOIGNENT : CINQ PARCOURS, UNE MÊME PASSION DU SAVOIR
Derrière les rayonnages, les documents et les espaces de lecture, la Bibliothèque urbaine de Kinshasa doit aussi son histoire à celles et ceux qui assurent son fonctionnement au quotidien.
À l’occasion de ses 25 ans, cinq collaborateurs évoquent leur expérience, les apprentissages acquis au fil des années et les défis auxquels l’institution reste confrontée.
Leurs témoignages dessinent une même réalité : la bibliothèque est à la fois un espace de travail, un lieu de formation et un instrument essentiel de transmission du savoir.
Les témoignages du professeur Barthélémy Ilondo, de Benny Nkula Vially, de Florence Foma Kemana, de Mafuka Laurga et de Kabaka Sesep Sabine éclairent la mémoire institutionnelle, l’expérience professionnelle et les défis de la documentation.

Ils soulignent aussi l’importance de la formation professionnelle et de la transmission des compétences. La bibliothèque ne se contente pas de conserver les livres : elle participe à la formation des étudiants, accompagne les recherches et contribue à la diffusion des connaissances.
Les expériences rapportées rappellent enfin que la pérennité d’une institution documentaire dépend de l’engagement de son personnel, mais également d’un soutien institutionnel durable et de partenariats capables d’accompagner son évolution.
À 25 ans, la Bibliothèque urbaine de Kinshasa dispose d’une histoire et d’une expérience qu’il importe de préserver. L’enjeu est désormais de transformer ces acquis en une nouvelle dynamique de modernisation et d’ouverture.
Professeur Barthélémy Ilondo : mémoire, résilience et modernisation
Docteur en sciences et techniques documentaires, le professeur Barthélémy Ilondo a intégré la Bibliothèque urbaine de Kinshasa en 2004. À son arrivée, il a rencontré des pionniers qui avaient déjà contribué à la mise en place et au développement de l’institution.

Son témoignage revient sur plusieurs étapes de cette histoire, notamment les efforts de réhabilitation des locaux et le soutien de partenaires internationaux.
Il évoque le projet d’appui à la documentation, désigné dans ses souvenirs par le sigle PADOC, ainsi qu’un partenariat français qui aurait contribué à la réhabilitation des espaces et à l’enrichissement du fonds documentaire.
En 2005, les locaux réaménagés auraient été inaugurés en présence de l’ambassadeur de France et de responsables urbains. Selon son récit, la bibliothèque disposait alors de 25 ordinateurs connectés à Internet.
Ces équipements avaient ouvert des perspectives nouvelles pour la recherche documentaire et l’accès à l’information. Mais, après la fin de l’appui français, le maintien de la connexion Internet et le renouvellement du matériel sont devenus plus difficiles.
Le professeur Ilondo rappelle également les contacts noués entre 2007 et 2009 avec l’ambassade des États-Unis, dans le cadre du développement d’un espace connu sous le nom d’« American Corner ».
Cet appui aurait favorisé l’apprentissage de l’anglais, l’accès à des ressources en ligne et l’initiation à l’informatique. Des équipements et des étagères auraient aussi contribué à améliorer les conditions de conservation des ouvrages.
Au-delà de ces souvenirs, son témoignage souligne les limites auxquelles la bibliothèque est confrontée : insuffisance des budgets de fonctionnement et d’investissement, difficulté à renouveler les équipements et faiblesse des ressources propres.
Il insiste sur l’intérêt de développer un réseau de bibliothèques communales pour rapprocher les collections des populations et mieux coordonner les ressources documentaires.
La numérisation constitue une autre priorité, notamment pour le fonds consacré au Congo, qui rassemble des documents utiles aux étudiants et aux chercheurs.
Les thèses, les mémoires et les travaux universitaires réalisés à partir des ressources de la bibliothèque illustrent, selon lui, la valeur de ce patrimoine.
Son appel porte sur un soutien financier régulier, la modernisation des équipements, la préservation et la numérisation des collections ainsi que l’amélioration des conditions de travail.
Son témoignage rend également hommage aux pionniers, aux collègues et aux partenaires qui ont contribué à l’histoire de l’établissement.
Benny Nkula Vially : « La bibliothèque est un univers de recherche »

Juriste de formation, spécialiste du droit de la sécurité internationale et des droits de l’homme, Benny Nkula Vially exerce des responsabilités liées au rayon juridique et au contentieux.
Le fonds juridique occupe une place importante dans son témoignage. Il attire des usagers qui ont besoin d’ouvrages spécialisés pour leurs études et leurs recherches.
Mais une difficulté apparaît : une partie des livres disponibles est ancienne, avec des publications remontant notamment aux années 1950, 1960 et 1980. Or, le droit évolue constamment, au gré des textes, de la jurisprudence et des transformations de la société.
Pour répondre aux besoins des lecteurs, le renouvellement des collections juridiques est donc indispensable. Les achats occasionnels et les dons ne suffisent pas toujours à actualiser les ressources disponibles.
Benny Nkula Vially appelle ainsi les autorités et les responsables concernés à soutenir davantage la bibliothèque. Son message porte sur l’importance d’investir dans les ressources documentaires pour favoriser la recherche, la formation juridique et l’accès à une information actualisée.
Florence Foma Kemana : informatiser et enrichir les collections

Le témoignage de Florence Foma Kemana met en avant l’évolution de la bibliothèque et les améliorations qui pourraient lui permettre de mieux répondre aux besoins des lecteurs.
L’informatisation pourrait faciliter la gestion des collections, la recherche documentaire et l’orientation des usagers. Quant au renouvellement des livres, il permettrait de mieux répondre aux attentes des étudiants, des chercheurs et des autres lecteurs.
Son témoignage rejoint ainsi les préoccupations exprimées par d’autres collaborateurs : pour maintenir sa pertinence, une bibliothèque doit préserver ses acquis tout en adaptant ses outils et ses collections à l’évolution des besoins.
Mafuka Laurga : apprendre tout au long de la vie
Secrétaire de direction de formation informatique, Mafuka Laurga témoigne de l’influence de la bibliothèque sur son parcours personnel et professionnel.

Elle explique que son expérience au sein de l’établissement a contribué à développer son goût de la lecture et à élargir ses connaissances. Le contact quotidien avec les livres lui a permis de découvrir plusieurs domaines, notamment les sciences, la littérature et la philosophie.
Elle évoque également les apprentissages pratiques liés au travail documentaire : classement, étiquetage et orientation des lecteurs. Ces tâches lui ont permis de mieux comprendre le fonctionnement d’une bibliothèque et le rôle joué par l’organisation des documents dans l’accès au savoir.
Son témoignage met en avant une conviction : l’apprentissage ne s’arrête pas à la fin des études. La lecture permet de continuer à découvrir, à comprendre et à progresser à chaque étape de la vie.
Elle résume cette idée par une formule marquante : « On apprend sans fin tant que l’on est en vie. »
À travers son expérience, la bibliothèque apparaît ainsi comme un espace d’apprentissage permanent, aussi bien pour les lecteurs que pour les personnes qui y travaillent.
Kabaka Sesep Sabine : le circuit du document au service des lecteurs
Cheffe de section, responsable du circuit du document et de la salle de lecture, Kabaka Sesep Sabine apporte le regard d’une professionnelle directement engagée dans le traitement des ouvrages et l’accueil du public.

PAROLES D’ABONNÉS : PRINCE BAKENGA ILUNGA ET MARDOCHÉE IYAMBA, DES LECTEURS QUI TÉMOIGNENT
Entre recherche documentaire, enrichissement personnel et goût de la lecture, les usagers rappellent l’importance de préserver et de faire connaître la bibliothèque publique.
Des visites organisées, des activités de sensibilisation et une meilleure communication sur les ressources disponibles pourraient contribuer à renforcer ce lien entre l’institution et la population.
À 25 ans, la Bibliothèque urbaine de Kinshasa peut donc compter sur un atout essentiel : des usagers qui reconnaissent l’utilité de ses services et souhaitent la voir poursuivre son développement.
Car investir dans une bibliothèque, c’est investir dans l’éducation, la culture, la recherche, l’esprit critique et l’avenir de la jeunesse.
C’est aussi reconnaître que le développement d’une ville ne dépend pas seulement de ses infrastructures matérielles, mais également de la capacité de ses habitants à apprendre, à comprendre et à accéder à une information de qualité.
Pour un professionnel dont les activités mobilisent à la fois l’information et les outils numériques, la possibilité de consulter des livres et d’approfondir ses connaissances constitue un apport appréciable.
Prince Bakenga Ilunga : « La bibliothèque m’a beaucoup appris »

Journaliste-informaticien, Prince Bakenga Ilunga fait partie des usagers qui ont progressivement intégré la Bibliothèque urbaine de Kinshasa dans leurs habitudes de lecture et de recherche.

Prince Bakenga Ilunga souhaite que davantage de jeunes découvrent cet espace. Il encourage notamment les initiatives qui pourraient rapprocher la bibliothèque des élèves et des étudiants, par des visites, des programmes de sensibilisation et d’autres activités destinées à développer le goût de la lecture.
Son message résume l’intérêt de la bibliothèque au-delà de ses usagers habituels : « La bibliothèque m’a beaucoup appris et je souhaite que davantage de jeunes la découvrent. »
À travers ce témoignage, l’enjeu est clair : pour assurer son avenir, la lecture publique doit continuer à attirer de nouveaux lecteurs et à s’inscrire dans les habitudes des jeunes générations.
Mardochée Iyamba : cinq ans de fréquentation au service du savoir
Abonné depuis cinq ans à la Bibliothèque urbaine de Kinshasa, Mardochée Iyamba témoigne, lui aussi, de l’importance de cet espace dans son parcours intellectuel.

À travers son témoignage, la bibliothèque apparaît comme un lieu qui favorise la curiosité, la recherche et l’enrichissement personnel. Elle offre aux usagers un environnement propice à la découverte et à l’approfondissement des connaissances.
Son attachement à cette institution s’accompagne de souhaits pour son avenir. À l’heure où elle célèbre un quart de siècle d’existence, le maintien de ses services, le renforcement de ses ressources et l’amélioration de ses capacités documentaires constituent des enjeux importants pour les abonnés.
L’expérience de Mardochée Iyamba rappelle ainsi que la valeur d’une bibliothèque ne se mesure pas seulement au nombre de livres conservés ou à l’ancienneté de ses installations. Elle se mesure également aux connaissances acquises par ses lecteurs et à la place qu’elle occupe dans leur parcours.
Les abonnés, témoins de l’utilité sociale de la bibliothèque
Les témoignages de Prince Bakenga Ilunga et de Mardochée Iyamba complètent les observations des responsables et des collaborateurs. Ils montrent l’importance d’un lieu où les citoyens peuvent accéder à la documentation, consacrer du temps à la lecture et approfondir leurs connaissances.

Les élèves, les étudiants, les jeunes professionnels, les chercheurs et les personnes désireuses d’apprendre tout au long de la vie constituent autant de publics que la lecture publique peut accompagner.
Des visites organisées, des activités de sensibilisation et une meilleure communication sur les ressources disponibles pourraient contribuer à renforcer ce lien entre l’institution et la population.
À 25 ans, la Bibliothèque urbaine de Kinshasa peut donc compter sur un atout essentiel : des usagers qui reconnaissent l’utilité de ses services et souhaitent la voir poursuivre son développement.
À travers ce grand reportage, New Messager de la Paix rend hommage à celles et ceux qui ont contribué à l’histoire de la Bibliothèque urbaine de Kinshasa et relaie leur appel à un engagement collectif renouvelé.
25 ans d’existence : un héritage à préserver, une mission à consolider, un avenir à construire ensemble.
CONCLUSION GÉNÉRALE — BIBLIOTHÈQUE URBAINE DE KINSHASA : APRÈS 25 ANS, FAIRE DU SAVOIR UNE PRIORITÉ PUBLIQUE
De la persévérance à une ambition collective
La ville de Kinshasa est ainsi invitée à renforcer son engagement en faveur de la lecture publique, tandis que les partenaires nationaux et internationaux peuvent contribuer à la modernisation des équipements, à l’enrichissement des collections et au développement de nouveaux services.
Les lecteurs ont également leur rôle à jouer. Leurs propositions, leur fréquentation régulière et leur participation aux initiatives de sensibilisation peuvent contribuer à faire de la bibliothèque un espace plus ouvert et mieux intégré à la vie de la cité.
Préparer la relève et rapprocher les livres des citoyens
La perspective d’une filière de documentation au secondaire, envisagée avec les Bayekoli ya Mokanda, témoigne de la volonté de préparer une nouvelle génération de professionnels. Le projet de bibliothèques communales et de quartier ouvre, quant à lui, la réflexion sur un accès plus équitable aux ressources documentaires.
Ces deux ambitions sont complémentaires : former les futurs professionnels tout en rapprochant les livres des populations. Leur concrétisation exigera des concertations, des moyens et une organisation durable.
Après 25 ans de persévérance, l’enjeu est de passer d’une institution qui maintient ses activités grâce au dévouement de ses agents à un véritable réseau documentaire moderne, soutenu par la ville et accessible à l’ensemble des Kinois.
Car investir dans une bibliothèque, c’est investir dans l’éducation, la culture, la recherche, l’esprit critique et l’avenir de la jeunesse. C’est aussi reconnaître que le développement d’une ville ne dépend pas seulement de ses infrastructures matérielles, mais également de la capacité de ses habitants à apprendre, à comprendre et à accéder à une information de qualité.
À travers ce grand reportage, New Messager de la Paix rend hommage à celles et ceux qui ont contribué à l’histoire de la Bibliothèque urbaine de Kinshasa et relaie leur appel à un engagement collectif renouvelé.
25 ans d’existence : un héritage à préserver, une mission à consolider, un avenir à construire ensemble.
Grand reportage exclusif de Bertin Kangamotema Amizia/
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