Au terme d’une audience fleuve tenue mardi, la commission disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a rendu, dans la nuit, une décision très attendue concernant la finale explosive de la Coupe d’Afrique des nations Maroc 2025. Les deux fédérations écopent de lourdes sanctions financières, plusieurs joueurs sont suspendus, tout comme le sélectionneur sénégalais Pape Bouna Thiaw.
Le verdict, tombé tard dans la nuit, a valeur de compromis sévère. L’instance disciplinaire continentale a choisi de sanctionner à parts égales les manquements relevés des deux côtés lors de la finale à haute tension disputée le 18 janvier à Rabat.
« Des sanctions ont été infligées à la Fédération sénégalaise de football (FSF), à la Fédération royale marocaine de football (FRMF), ainsi qu’à plusieurs joueurs et officiels, pour violations avérées du Code disciplinaire de la CAF », précise le communiqué officiel.
Une audience marathon jusqu’à minuit
La commission disciplinaire s’était réunie mardi 27 janvier en visioconférence, du milieu de l’après-midi jusqu’aux environs de minuit. Cette audience faisait suite aux rapports des officiels du match et aux réserves déposées par la FRMF au lendemain de la rencontre.
Ont été entendus le sélectionneur sénégalais Pape Bouna Thiaw, les attaquants sénégalais Ismaïla Sarr (Crystal Palace) et Iliman Ndiaye (Everton), ainsi que les joueurs marocains Achraf Hakimi (PSG) et Ismaël Saibari (PSV Eindhoven).
Au cœur du débat figurait notamment la demande marocaine de réattribution du trophée « sur tapis vert », consécutive au retour temporaire de la majorité de l’équipe sénégalaise au vestiaire à la fin du temps réglementaire, après un penalty accordé au Maroc, quelques minutes après l’annulation d’un but sénégalais.
Pape Thiaw lourdement sanctionné
La décision finale n’épargne aucune des deux sélections. Le sélectionneur du Sénégal, Pape Bouna Thiaw, est suspendu pour cinq matchs officiels de la CAF pour « comportement antisportif, violation des principes de fair-play et d’intégrité et atteinte à l’image du football ». Il devra également s’acquitter d’une amende de 100 000 dollars.
Les joueurs sénégalais Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr sont suspendus pour deux matchs officiels de la CAF pour « comportement antisportif envers l’arbitre ».
La FSF écope par ailleurs de trois sanctions financières :
– 300 000 dollars pour le comportement inapproprié de ses supporters,
– 300 000 dollars pour le comportement antisportif des joueurs et de l’encadrement technique,
– 15 000 dollars pour faute disciplinaire, cinq joueurs ayant été avertis durant la rencontre.
Hakimi et Saibari également punis
La sélection marocaine n’échappe pas non plus aux sanctions. Achraf Hakimi est suspendu pour deux matchs CAF, dont un avec sursis pendant un an, pour comportement antisportif. Ismaël Saibari écope d’une suspension de trois matchs officiels de la CAF, assortie d’une amende de 100 000 dollars.
Les deux joueurs avaient tenté d’empêcher le gardien sénégalais d’utiliser sa serviette afin d’essuyer ses gants rendus glissants par la pluie, un épisode devenu emblématique de la tension du match.
La FRMF devra également régler plusieurs amendes :
– 200 000 dollars pour le comportement inapproprié des ramasseurs de balles,
– 100 000 dollars pour l’envahissement de la zone d’examen de la VAR par joueurs et encadrement, entravant le travail de l’arbitre,
– 15 000 dollars pour l’utilisation de lasers par les supporters marocains.
La réclamation marocaine rejetée
Enfin, le jury disciplinaire de la CAF a rejeté la réclamation de la FRMF fondée sur une supposée violation des articles 82 et 84 du règlement de la CAN par le Sénégal. Ces articles stipulent qu’une équipe quittant le terrain sans autorisation avant la fin réglementaire du match est déclarée perdante et éliminée. La CAF a estimé que ces dispositions n’étaient pas applicables en l’espèce.
Aucun impact direct sur le Mondial 2026
Ces sanctions ne devraient pas affecter la participation des deux équipes à la Coupe du monde 2026, prévue à partir du 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique. La FIFA n’ayant pas été impliquée dans la procédure, les suspensions ne concernent que les compétitions relevant de la CAF.
Le règlement disciplinaire de la FIFA prévoit toutefois qu’en cas d’infractions graves, certaines sanctions prononcées par une confédération peuvent être étendues au niveau international.
Deux voies de recours restent ouvertes : un appel devant le jury d’appel de la CAF, puis, le cas échéant, une saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne.
Newmessagerpaix.net / Jeune Afrique






