Un rapport établi en janvier 2026 par le Curé Doyen de Mateko, Emmanuel Makasa Abalankim, avait dressé le bilan d’un important sinistre provoqué il y a plusieurs mois par une pluie diluvienne.

Plusieurs établissements scolaires, bâtiments communautaires, habitations et infrastructures essentielles ont été touchés. Au-delà des dégâts matériels, Mateko avait rappelé une réalité devenue incontournable : une école rurale doit être pensée non seulement pour accueillir les élèves, mais aussi pour résister aux risques auxquels son environnement l’expose.

En effet, un certain lundi 26 janvier 2026, entre 13 h 15 et 17 heures, une pluie diluvienne s’était abattue sur Mateko. Le lendemain, le Curé Doyen, Emmanuel Makasa Abalankim, dressait un rapport détaillé des dégâts enregistrés dans plusieurs secteurs de la communauté.

Le bilan décrivait une situation particulièrement préoccupante. Écoles, dortoirs, toilettes, bâtiments administratifs, hôpital, église, couvent, habitations et autres infrastructures avait subi des dommages considérables.
Mais parmi toutes ces infrastructures, les dégâts enregistrés dans les établissements scolaires méritent une attention particulière.
Car lorsqu’une école est touchée, le sinistre ne s’arrête pas aux murs et aux toitures.

Il atteint directement les conditions dans lesquelles les enfants doivent apprendre.
Des établissements scolaires lourdement touchés
À l’Institut Lukano, le rapport avait fait état de dégâts importants.

Le dortoir des garçons de la 2e Humanités aurait notamment perdu plusieurs tôles, tandis qu’un mur longitudinal s’est effondré et qu’une partie du pignon a été détruite.
Le dortoir des filles a, lui aussi, était durement affecté : toiture entièrement emportée, murs effondrés, 22 lits endommagés et six douches détruites.
Plusieurs bâtiments de salles de classe avait également été touchés.
Le bâtiment regroupant les classes de 7e B, 7e C et 7e D aurait perdu sa toiture. Un autre bâtiment de trois classes, accueillant notamment les 3e Humanités Littéraire, Pédagogique et Scientifique, avait également vu sa toiture entièrement emportée.
Les installations sanitaires n’avaient pas été épargnées.
Le rapport signalait aussi la destruction des toilettes des enseignants, ainsi que des dégâts au niveau du bâtiment administratif, du potager, du verger et de certaines installations d’élevage.
À l’I.T.P./Mateko, la situation apparaît également préoccupante.
Le bâtiment de quatre classes consacré à la menuiserie avait perdu sa toiture et subi la destruction de ses murs, avec une vingtaine de bancs-pupitres endommagés.
Une salle de la 4e Humanités Construction avait été écrasée par un grand arbre.

Le premier dortoir avait subi de lourds dégâts, avec une quarantaine de tôles endommagées ou emportées et un mur écrasé.
Un second dortoir, alors en construction, se serait également effondré.
La clôture de l’école ainsi que plusieurs installations sanitaires ont également été touchées.
À l’EPA 1 Mateko, une construction destinée au logement du directeur avait subi des dégâts après la chute d’un palmier, tandis que six toilettes ont été détruites.
À l’EPA 2 Mateko, le rapport signalait également la destruction d’une toilette et l’arrachement de la toiture.
Ces différents éléments ont montré que la question ne concerne donc pas une seule toiture ou une seule salle de classe.
C’est tout un environnement éducatif qui peut devenir vulnérable lorsqu’un événement météorologique violent frappe une communauté.
Derrière chaque toiture, il y a une réalité humaine
Il faut prendre garde à ne pas réduire ce genre de bilan à une simple addition de tôles, de murs et de bâtiments détruits.
Derrière chaque salle de classe se trouvent des élèves.
Derrière chaque dortoir se trouvent des enfants ou des jeunes qui doivent pouvoir dormir dans des conditions sûres.
Derrière chaque installation sanitaire se trouve une exigence élémentaire de dignité.
Et derrière chaque école se trouve l’avenir d’une communauté.
L’UNESCO ne cesse de rappeler que les écoles doivent pouvoir assurer un environnement d’apprentissage sûr et contribuer à la continuité de l’éducation lorsque des catastrophes surviennent. Son Cadre global pour la sécurité scolaire met notamment l’accent sur des installations d’apprentissage plus sûres, la gestion de la continuité éducative et l’éducation à la réduction des risques.
Cette approche permet de regarder Mateko avec un autre regard.
La question n’est pas seulement : combien de tôles faut-il remplacer ?
Elle est aussi :
Comment éviter que les mêmes vulnérabilités produisent les mêmes dégâts lors du prochain épisode de pluie ?
Reconstruire ne devrait pas signifier reproduire les mêmes fragilités
Après un sinistre, l’urgence impose naturellement de réparer.
Mais la reconstruction devrait également être l’occasion de comprendre.
Pourquoi cette toiture a-t-elle été emportée ?
Pourquoi ce mur a-t-il cédé ?
Le bâtiment était-il adapté à son environnement ?
Les matériaux utilisés étaient-ils appropriés ?
Les fondations et les murs avaient-ils été correctement exécutés ?
Les systèmes de fixation des toitures étaient-ils suffisamment résistants ?
Les eaux de pluie étaient-elles correctement évacuées ?
Les arbres susceptibles de tomber sur les bâtiments étaient-ils suffisamment éloignés ou entretenus ?
Ces questions nécessitent des réponses techniques.
Elles ne peuvent pas être remplacées par des suppositions.
C’est précisément pourquoi chaque sinistre important devrait pouvoir donner lieu à une évaluation documentée permettant d’identifier les vulnérabilités et d’améliorer les constructions futures.
L’école rurale doit entrer dans une logique de résilience
L’expérience de Mateko rejoint une réflexion désormais largement développée dans le domaine de la sécurité scolaire.
L’UNESCO souligne que les établissements éducatifs doivent être préparés à anticiper, résister et s’adapter aux risques, notamment ceux liés aux catastrophes climatiques. L’organisation encourage notamment la construction et la rénovation d’écoles capables de mieux résister aux risques.
Pour les territoires ruraux, cette approche est particulièrement importante.
Une école éloignée des grands centres urbains peut être confrontée à des difficultés supplémentaires après une catastrophe : accès limité aux matériaux, éloignement des techniciens, moyens financiers réduits, difficultés de transport et délais plus longs pour les interventions.
La prévention devient donc essentielle.
Il faut connaître les bâtiments vulnérables avant qu’ils ne soient détruits.
Il faut identifier les écoles exposées.
Il faut documenter les dégâts.
Il faut établir des priorités.
Et surtout, il faut intégrer les enseignements des sinistres précédents dans les nouvelles constructions.
L’environnement de l’école doit également être considéré
Le rapport de Mateko montre également que les arbres peuvent constituer un facteur de dégâts lorsqu’ils tombent sur les bâtiments.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille opposer arbres et écoles.
Bien au contraire.
La végétation joue un rôle important dans la protection des sols et l’aménagement durable des espaces scolaires.
Mais la plantation d’arbres doit être réfléchie.
Il convient notamment de tenir compte de leur emplacement, de leur croissance, de leur proximité avec les bâtiments et de leur entretien.
L’objectif doit être de construire un environnement scolaire à la fois vert, sûr et durable.
L’école peut ainsi devenir un véritable laboratoire local de sensibilisation à l’environnement, à la prévention des risques et à la protection du patrimoine communautaire.
De Mateko à Kalo : apprendre des catastrophes


Quelques mois après le sinistre de Mateko, les dégâts signalés à Kalo viennent donner une nouvelle dimension à cette réflexion.
Il ne serait pas sérieux de prétendre que les deux événements ont exactement les mêmes causes.
Chaque site possède ses caractéristiques propres et nécessite une expertise spécifique.
Mais leur succession doit encourager une réflexion commune sur la vulnérabilité des infrastructures scolaires dans le nord d’Idiofa.
Mateko et Kalo peuvent donc devenir un point de référence documentaire.
Kalo peut devenir une nouvelle alerte.
Et demain, d’autres communautés pourraient bénéficier des leçons tirées de ces deux expériences.
L’objectif n’est pas de dramatiser.
Il est de prévenir.
Ne pas attendre la prochaine pluie
Une communauté ne devrait pas être condamnée à reconstruire indéfiniment les mêmes infrastructures après chaque événement climatique majeur.
La réponse doit progressivement passer de la réaction à l’anticipation.
Cela signifie :
– identifier les écoles vulnérables ;
– établir un état technique des bâtiments ;
– sécuriser immédiatement les installations dangereuses ;
– prévoir des espaces temporaires d’apprentissage lorsque cela est nécessaire ;
– améliorer les systèmes de drainage ;
– renforcer la qualité des constructions ;
– adapter les toitures et leurs systèmes de fixation aux conditions locales ;
– éloigner ou entretenir les arbres présentant un risque pour les bâtiments ;
– assurer un entretien régulier ;
– former les communautés à la prévention ;
– documenter systématiquement les sinistres ;
– et intégrer les enseignements de chaque catastrophe dans les programmes futurs.
Cette démarche correspond à une évolution importante de la gestion des risques éducatifs : protéger l’apprentissage ne consiste pas uniquement à intervenir après la catastrophe, mais également à anticiper les risques et à renforcer la résilience du système éducatif.
L’urgence de Mateko et de Kalo est aussi une leçon pour demain
Le rapport du Curé Doyen Emmanuel Makasa Abalankim ne doit donc pas rester uniquement dans les archives.
Il constitue un témoignage documentaire sur les conséquences concrètes d’un événement météorologique violent dans une communauté rurale.
Les chiffres et les dégâts qu’il décrit racontent une histoire.
Celle d’une communauté confrontée à la vulnérabilité de ses infrastructures.
Mais cette histoire peut également devenir une histoire d’apprentissage.
Apprendre à mieux construire.

Apprendre à mieux entretenir.

Apprendre à mieux prévenir.
Apprendre à mieux protéger les enfants.
Apprendre surtout à ne pas attendre la prochaine catastrophe pour commencer à réfléchir.
SOS SOLIDARITÉ NORD D’IDIOFA
De Mateko à Kalo, l’appel est le même :
évaluer, sécuriser, reconstruire et prévenir.
Il ne s’agit pas de transformer les catastrophes en polémiques.
Il ne s’agit pas non plus de rechercher des responsables avant même d’avoir établi les faits techniques.
Il s’agit de regarder la réalité en face.
Des écoles sont vulnérables.
Des enfants sont concernés.
Des communautés ont besoin d’infrastructures sûres.
Et les solutions doivent être pensées dans la durée.
L’avenir des enfants ne peut pas être reconstruit à chaque saison des pluies.
Il doit être protégé dès maintenant.
POUR DES ÉCOLES QUI RÉSISTENT
Pour des enfants protégés.
Pour des enseignants en sécurité.
Pour des infrastructures durables.
Pour des communautés préparées.
Pour une éducation capable de continuer même lorsque survient la catastrophe.
SOS Solidarité Nord d’Idiofa
Protéger une école, c’est protéger l’avenir d’une communauté.
New Messager de la Paix
L’information pour la paix, la vérité pour le progrès.
Une Tribune de Bertin KANGAMOTEMA AMIZIA






