Kinshasa, 15 mars 2026 ( Newmessagerpaix.net)-
Le 15 mars 2026 marque une date symbolique dans l’histoire de la musique congolaise : les 80 ans du légendaire guitariste, compositeur et chanteur Michelino Mavatiku Visi, figure emblématique de la rumba et du soukous.

Une naissance après-guerre, une vie dédiée à la musique
Né le 15 mars 1946 à Matadi, en République démocratique du Congo, Michelino Mavatiku Visi grandit dans une famille d’origine angolaise. À l’adolescence, il quitte Matadi pour Kinshasa, capitale musicale du pays, où il commence à tracer son chemin dans l’univers de la musique.

Aujourd’hui installé à Paris, il continue de jouer, d’enseigner la musique et de diriger un groupe d’environ huit musiciens.
À l’occasion de son anniversaire, l’artiste rappelle lui-même le contexte particulier de sa naissance :
« C’EST MON ANNIVERSAIRE. JE SUIS NÉ L’APRÈS GUERRE.
LE 15 MARS 1946, ET VOILÀ LA GUERRE EST DE RETOUR 80 ANS APRÈS, EN 2026. JE SUIS EN GUERRE AVEC PERSONNE. »
Il dédie également cette journée spéciale à ses parents :
« Je dédie cette journée du 15 mars 2026 à ma Mère « Chère Maman » et à mon Père « Cher Papa ».»
Un parcours musical exceptionnel
Très tôt passionné par la guitare, Michelino s’impose dès les années 1960 comme un musicien talentueux grâce à son style mélodique et sa maîtrise remarquable de la guitare solo.

Il fait ses premières armes dans l’orchestre Festival des Maquisards, avant de rejoindre l’orchestre African Fiesta Nationale, qui deviendra par la suite Afrisa International, dirigé par la superstar de la musique congolaise Tabu Ley Rochereau.
Au sein de cette formation, Michelino compose et participe à plusieurs titres marquants, notamment :
Makfe
Cassius Clay
Moussa
La chanson « Moussa », interprétée par Tabu Ley, connaît un immense succès lors de la tournée internationale de l’African Fiesta, notamment à l’Olympia de Paris en 1970.
La tournée se poursuit avec des étapes importantes comme le Festival de Tunis et le Théâtre Daniel Sorano de Dakar en 1971. Lors de ce passage au Sénégal, Michelino assiste à un moment historique : la remise de la Légion d’Honneur à Tabu Ley par le président Léopold Sédar Senghor.


Après cette tournée mémorable, Michelino devient lead guitariste de Tabu Ley, se distinguant notamment avec la chanson « Mongali » en 1972.
L’expérience mythique avec l’OK Jazz
Au début des années 1970, Michelino rejoint ensuite l’orchestre TP OK Jazz, dirigé par le célèbre Franco Luambo Makiadi, l’une des figures majeures de la musique africaine entre les années 1950 et 1980.

Entre 1975 et 1979, il s’impose comme compositeur et guitariste solo, marquant notamment les esprits avec la chanson :
« Salima », issue de l’album 20ème anniversaire, chantée par Josky Kiambukuta, Ndombe Opetum et Wuta Mayi.
Cette période confirme pleinement son intégration dans l’un des orchestres les plus influents de l’histoire de la rumba congolaise.
Makfe et la poursuite d’une carrière internationale
En 1978, Michelino fonde son propre groupe Makfe, du nom de l’un de ses célèbres titres.
Dix ans plus tard, il retrouve Franco et Tabu Ley lors de concerts organisés à Bruxelles et à Paris par le producteur Tchica Tchica, avec l’enregistrement live du légendaire projet « Lettre à Monsieur le Directeur Général ».
Au début des années 1980, Michelino décide de s’installer en Europe, où il poursuit sa carrière musicale tout en approfondissant ses connaissances. Entre 1984 et 1992, il étudie dans deux conservatoires à Paris.
Son style de guitare, reconnaissable entre tous, marque également plusieurs productions, notamment avec ses riffs mélodieux dans la chanson « Missile » de Josky Kiambukuta (1983), qui fait vibrer les ngandas (bars-restaurants congolais) et les discothèques.
Producteur et pédagogue
Après plusieurs années de collaborations, de concerts et de participations à divers albums, Michelino se lance dans la production musicale.

Sous son label Éditions Michita, il réalise notamment :
Le Préservatif (2000)
Lisanga ya Banganga (2004)
Cet album comprend quatre titres remasterisés ainsi qu’un bonus collector datant de 1984, célébrant 20 ans de carrière de ce guitariste virtuose.
Une vision humble de la musique congolaise
Malgré son immense contribution à la musique africaine, Michelino reste profondément humble. Sur ses plateformes numériques, il rappelle :
« JE NE SUIS PAS ALFA ET OMÉGA DE LA MUSIQUE CONGOLAISE.
Il y a des gens autodidactes qui ont fait la gloire de cette musique sans connaître le solfège.
La valeur n’attend pas le nombre d’années.
Nous avons le même géniteur : Dieu, qui nous inspire. À chacun son rythme et sa cadence. »
Il rend également hommage à plusieurs artistes formés dans les écoles artistiques et fanfares de l’époque coloniale et post-coloniale, notamment les peintres-guitaristes Julien Ndamvu Siku Pezo et Jeannot Nsokila, ainsi qu’au professeur Philippe Kanza, ancien directeur du conservatoire (INA) à Kinshasa.
Enfin, il exprime sa gratitude envers ceux qui le suivent :
« Je remercie vivement tous mes followers qui se sont nombreux manifestés au réveillon de la Saint-Sylvestre. Meshiavu, meshiavu, meshiavu… »
Un héritage musical majeur
Après plus de six décennies de carrière, Michelino Mavatiku Visi demeure l’un des plus grands guitaristes de la rumba congolaise et de la musique africaine moderne.
Son jeu de guitare raffiné, à la fois technique, mélodique et émotionnel, a influencé plusieurs générations de musiciens et contribué à faire rayonner la musique congolaise sur la scène internationale.
Joyeux 80ᵉ anniversaire, Maestro Michelino !
Que votre vie continue d’inspirer les générations futures et que votre guitare continue de rassembler les peuples à travers la musique.
Et à toutes celles et tous ceux nés au mois de mars : heureux anniversaire également !
Newmessagerpaix.net /BKA
Source : Nago Seck – Afrisson (7 mai 2007)
Informations : michelino-mavatikuvisi.com
www.michelino-mavatikuvisi.com






