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Reading: « Militariser l’agriculture » de Didier Mumengi appelle à un sursaut national pour transformer le potentiel agricole de la RDC en puissance productive et nourricière.Tribune — New Messager de la Paix tirée de finances-entreprise.com
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New messager de la paix RDC > Blog > Economy > « Militariser l’agriculture » de Didier Mumengi appelle à un sursaut national pour transformer le potentiel agricole de la RDC en puissance productive et nourricière.Tribune — New Messager de la Paix tirée de finances-entreprise.com
Economy

« Militariser l’agriculture » de Didier Mumengi appelle à un sursaut national pour transformer le potentiel agricole de la RDC en puissance productive et nourricière.Tribune — New Messager de la Paix tirée de finances-entreprise.com

redaction
Last updated: août 30, 2026 8:45 am
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redaction
16 Min Read
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KINSHASA, 30 août 2026 ( Newmessagerpaix.net) — Et si la véritable bataille nationale de la République démocratique du Congo se jouait dans les champs, les villages agricoles, les marchés, les routes de desserte agricole et les unités de transformation ?

Dans un pays où la faim continue de toucher des millions de personnes malgré l’immensité des terres, des ressources naturelles et des potentialités agroécologiques, la question agricole ne peut plus être reléguée au rang des préoccupations sectorielles. Elle touche à la souveraineté, à la dignité, à la stabilité sociale et à l’avenir économique de la Nation.

C’est précisément le mérite de Didier Mumengi d’avoir posé cette question avec force et audace dans son ouvrage Militariser l’agriculture.

Le terme peut surprendre. Il interpelle. Il oblige surtout à réfléchir.

Car derrière cette expression volontairement percutante, il ne s’agit pas de militariser la société rurale ni de placer l’agriculture sous une logique autoritaire.

Il s’agit d’une métaphore de mobilisation nationale, d’une volonté de concentrer les énergies, les compétences, les moyens financiers, les infrastructures, la technologie et l’intelligence publique autour d’un objectif vital : faire de la RDC une puissance productive capable de nourrir durablement sa population.

Le mérite d’un livre qui refuse l’habituation à la faim

Le grand mérite de Didier Mumengi est d’avoir formulé, avec force et audace, l’exigence d’un sursaut national.

Son ouvrage rappelle une évidence devenue paradoxalement difficile à accepter : la faim n’est pas une fatalité congolaise.

La République démocratique du Congo dispose d’un potentiel agricole considérable. Pourtant, une grande partie de sa population demeure confrontée à l’insécurité alimentaire, tandis que l’agriculture reste caractérisée par une faible productivité, un accès insuffisant aux intrants et au financement, des infrastructures déficientes, des pertes post-récolte importantes et une connexion encore trop faible aux marchés et à l’industrie.

Le paradoxe est saisissant.

En 2025, environ 58,5 % de l’emploi se concentrait encore dans l’agriculture alors que celle-ci ne représentait qu’environ 8,9 % du PIB. Cette dissociation traduit une réalité fondamentale : une grande partie de la population travaille dans un secteur dont la productivité demeure extrêmement faible.

La question n’est donc plus seulement de savoir si la RDC possède des terres.

Elle est de savoir comment transformer ses terres, ses producteurs, ses compétences et ses infrastructures en véritable système productif national.

C’est là que se situe la contribution essentielle de Mumengi.

De la conscience du potentiel à la puissance productive

Pendant des décennies, la RDC a été décrite comme un pays à immense potentiel agricole.

Mais le potentiel ne nourrit pas une population.

La production, oui.

Et la production exige des semences, des engrais lorsque cela est pertinent, de l’eau maîtrisée, des équipements, des routes, des magasins de stockage, de l’énergie, des financements, de la recherche, des techniciens, des marchés et des industries capables de transformer les récoltes.

La thèse de Militariser l’agriculture consiste précisément à déplacer le débat : sortir de la fascination pour le potentiel et entrer dans la culture de l’exécution.

Le livre avance dix leviers qui donnent une architecture à cette mobilisation : l’état d’urgence alimentaire, la Force Agro-Pastorale Nationale, les villages productifs, la mécanisation, le capital financier national, une fiscalité industrialisante, l’intelligence statistique, la mobilisation culturelle, la formation professionnalisante et un stock stratégique d’infrastructures.

Pris ensemble, ces leviers dessinent moins une simple politique agricole qu’une doctrine de transformation productive.

Militariser : mobiliser, coordonner, produire

Le mot « militariser » doit ici être compris dans son sens métaphorique : celui d’une mobilisation totale autour d’une cause nationale.

Comme dans une bataille, il faut un objectif, une stratégie, des moyens, une chaîne de responsabilité, des compétences et des résultats.

Mais la « bataille » proposée par Mumengi est une bataille contre la faim, la pauvreté rurale, la faible productivité, les pertes agricoles et la dépendance alimentaire.

Elle ne se gagne pas avec des discours.

Elle se gagne hectare après hectare, exploitation après exploitation, village après village, territoire après territoire.

Elle se gagne aussi dans les laboratoires de recherche, les centres de formation, les ateliers de maintenance des machines, les banques, les coopératives, les entrepôts, les usines agroalimentaires et les marchés.

Autrement dit, la puissance agricole congolaise ne pourra naître que d’une mobilisation organisée de toute la chaîne de valeur.

L’agriculture, première école de l’industrialisation

L’histoire économique internationale apporte un enseignement important : dans de nombreux pays, l’augmentation de la productivité agricole a contribué à nourrir les villes, augmenter les revenus ruraux, fournir des matières premières, élargir le marché intérieur et créer les conditions de l’industrialisation.

Du Royaume-Uni aux États-Unis, du Japon à la Corée du Sud, jusqu’aux transformations engagées en Chine à partir de la fin des années 1970, les trajectoires sont différentes, mais une leçon demeure : une agriculture plus productive peut devenir le socle d’une transformation économique beaucoup plus large.

Pour la RDC, l’enjeu consiste donc à rompre avec une agriculture isolée de son environnement économique.

Le champ doit être connecté à la route.

La route au marché.

Le marché à la transformation.

La transformation à l’industrie.

Et l’industrie à l’emploi.

C’est cette chaîne qui permettrait à l’agriculture de devenir véritablement un moteur de développement national.

La jeunesse congolaise au cœur de la révolution agropastorale

L’une des dimensions les plus intéressantes de cette vision concerne la formation.

La proposition d’une conscription professionnalisante, telle qu’elle apparaît dans la doctrine présentée par Mumengi, peut être envisagée comme une voie de qualification et d’insertion de la jeunesse.

Techniciens agricoles, mécaniciens, spécialistes de l’irrigation, vétérinaires, gestionnaires de coopératives, logisticiens, entrepreneurs agroalimentaires : les métiers nécessaires à la transformation agricole sont nombreux.

La révolution agropastorale ne devrait donc pas seulement produire davantage de manioc, de maïs, de riz, de soja, de fruits ou de produits d’élevage.

Elle doit aussi produire des compétences.

Et surtout, elle doit produire des opportunités.

Une jeunesse formée, équipée et intégrée aux chaînes de valeur agricoles pourrait devenir l’une des principales forces de transformation économique du pays.

Les producteurs ne doivent pas être de simples exécutants

Une mobilisation nationale ne peut réussir contre ceux qui produisent.

Elle doit réussir avec eux.

Les petits exploitants familiaux, les femmes, les jeunes, les organisations paysannes, les coopératives, les PME, les chercheurs, les services provinciaux et le secteur privé doivent être considérés comme des partenaires de la transformation.

La réussite d’une doctrine nationale dépendra donc aussi de sa capacité à respecter les réalités locales, les droits fonciers, les savoirs des producteurs et les équilibres sociaux.

Les villages agro-pastoraux et les grands investissements ne devraient pas fragiliser les exploitations familiales, mais contribuer à leur intégration dans des chaînes de valeur plus performantes.

Produire davantage, oui. Mais produire mieux, vendre mieux et partager plus équitablement la valeur créée.

L’intelligence statistique : compter pour décider

Autre dimension fondamentale : la donnée.

Comment savoir quelles filières développer, où investir, quels territoires sont prioritaires ou quelles politiques fonctionnent sans statistiques fiables ?

L’intelligence statistique stratégique proposée par Mumengi constitue ainsi un levier transversal.

Un véritable tableau de bord national devrait permettre de suivre les rendements, les volumes produits, les prix alimentaires, les pertes post-récolte, les revenus des producteurs, les emplois créés, les investissements réalisés et les résultats obtenus.

Cette culture du résultat permettrait de passer d’une administration qui annonce à une administration qui mesure, corrige et rend compte.

La rapidité d’action et la redevabilité ne sont pas contradictoires.

Elles sont complémentaires.

Un pacte productif national

La « militarisation de l’agriculture » ne pourra cependant produire ses effets que si elle devient une mobilisation partagée.

L’État doit donner l’impulsion stratégique, fixer les objectifs et garantir la cohérence nationale.

Mais les provinces, les territoires, les producteurs, les organisations paysannes, les chercheurs, les entreprises, les institutions financières et les partenaires au développement doivent participer à l’exécution.

Il faut donc imaginer un pacte productif national, fondé sur quelques principes simples : des objectifs précis, des responsabilités identifiées, des financements traçables, des calendriers réalistes et des résultats publiquement évalués.

La RDC ne manque pas seulement de ressources.

Elle manque surtout de coordination productive et de continuité dans l’exécution.

C’est précisément cette « décidophobie » que la pensée de Mumengi entend combattre.

Septembre culturel congolais : quand le livre entre dans le débat national

C’est dans ce contexte que l’ouverture du Septembre culturel congolais 2026 prend une dimension particulière.

La Grande Rentrée Littéraire de Kinshasa, dont le lancement est annoncé pour le 10 septembre 2026 au Centre Wallonie-Bruxelles, offre une occasion exceptionnelle de faire de la littérature un espace de réflexion sur les grandes urgences du pays.

Et quel meilleur moment pour présenter au public Militariser l’agriculture ?

Le vernissage solennel de l’ouvrage pourrait dépasser le simple rendez-vous littéraire.

Il pourrait devenir un moment de débat citoyen sur la faim, l’agriculture, la jeunesse, l’industrie et la souveraineté alimentaire de la RDC.

Car un livre comme celui de Didier Mumengi ne demande pas seulement à être lu.

* Il demande à être discuté.

* Il demande à être confronté aux réalités des producteurs.

* Il demande à être examiné par les économistes, les agronomes, les décideurs publics, les entrepreneurs, les jeunes et les organisations paysannes.

* Il demande surtout que la société congolaise se pose collectivement cette question : que faisons-nous de notre immense potentiel agricole ?

Une bataille qui se gagne dans la durée

Il faut cependant éviter une illusion : aucune campagne ne suffira à elle seule.

La mobilisation doit produire des institutions durables, des compétences, des infrastructures, des mécanismes de financement, des incitations économiques et des systèmes de suivi capables de survivre aux changements de programmes et de responsables.

Une campagne peut provoquer un sursaut.

Seule une architecture institutionnelle solide transforme ce sursaut en progrès cumulatif.

La paix et la sécurité demeurent également indispensables. Dans les territoires affectés par les conflits et les déplacements, aucune stratégie agricole ne peut ignorer la sécurité des personnes, la protection des terres, la restauration des marchés et le retour des populations.

Mais attendre que toutes les conditions soient parfaites avant de reconstruire les capacités productives serait une autre forme d’immobilisme.

L’urgence humanitaire et la transformation productive doivent donc avancer ensemble.

De la faim à la puissance nourricière

La grande question posée par Militariser l’agriculture dépasse finalement le secteur agricole.

Elle concerne le modèle de développement de la République démocratique du Congo.

La RDC veut-elle continuer à être un immense réservoir de matières premières et un marché dépendant des importations alimentaires ?

Ou veut-elle devenir une puissance nourricière, capable de produire, transformer, conserver, commercialiser et exporter une partie croissante de sa richesse agricole ?

Le choix est stratégique.

La révolution agropastorale ne sera crédible que lorsque ses résultats seront visibles dans la vie quotidienne : des marchés mieux approvisionnés, des prix plus stables, des pertes post-récolte réduites, des revenus agricoles en hausse, des routes rurales praticables, des unités de transformation fonctionnelles et des emplois productifs pour la jeunesse.

C’est à ce moment-là que la métaphore de la « militarisation » prendra tout son sens : non pas la militarisation autoritaire du monde rural, mais la concentration disciplinée, coordonnée et résolue des forces nationales contre la faim, la pauvreté et la dépendance alimentaire.

Le mérite de Didier Mumengi : avoir réveillé une question nationale

Au fond, le grand mérite de Didier Mumengi est d’avoir donné un langage à une urgence que la RDC ne peut plus repousser.

La faim n’est pas une fatalité.

Le potentiel ne suffit plus.

L’inaction n’est plus une option.

Il faut désormais organiser la puissance productive du pays.

C’est pourquoi le rendez-vous littéraire du 10 septembre 2026 au Centre Wallonie-Bruxelles, dans le cadre du Septembre culturel congolais, peut prendre une portée particulière : celle d’offrir à Militariser l’agriculture un espace de rencontre avec le public et, surtout, d’ouvrir un débat national sur l’avenir productif de la RDC.

Du livre à l’action, de la réflexion à la décision, de la terre à l’industrie, le véritable enjeu est désormais de transformer l’immense potentiel agricole congolais en prospérité partagée.

La bataille contre la faim ne se gagnera pas uniquement avec des secours.

Elle se gagnera avec des producteurs formés, des terres sécurisées, des machines, des infrastructures, des capitaux, des statistiques fiables, des industries, des marchés et une volonté politique durable.

Voilà peut-être le véritable appel de Didier Mumengi : réveiller la puissance productive d’une Nation qui possède les moyens de se nourrir elle-même et de transformer son agriculture en l’un des moteurs de son industrialisation, de sa cohésion sociale et de sa souveraineté.

« Militariser l’agriculture » de Didier Mumengi appelle à un sursaut national pour transformer le potentiel agricole de la RDC en puissance productive et nourricière.

Tribune de Bertin Kangamotema Amizia avec New Messager de la Paix, tirée de Finances-entreprise. Com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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