Face à la crise persistante dans l’Est de la RDC, la SCDCM intensifie son plaidoyer auprès des USA, de l’ONU, de l’UE et de l’Union africaine pour une paix durable.
La paix dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure au cœur des préoccupations de la société civile congolaise, alors que les processus diplomatiques engagés pour mettre fin à la crise peinent encore à produire des résultats suffisamment visibles sur le terrain. La MONUSCO soulignait encore récemment la nécessité pour les parties aux processus de Washington et de Doha de traduire leurs engagements en avancées concrètes.
Dans ce contexte, la Société civile de la diaspora congolaise Monde (SCDCM) entend renforcer la mobilisation internationale autour de la protection des populations civiles, du respect de la souveraineté de la RDC et de la recherche d’une solution politique durable dans la région des Grands Lacs.
Une diaspora qui veut passer de la mobilisation à l’action diplomatique
Présidée par Mme Melissa Zalo, la SCDCM se présente comme une plateforme citoyenne de la diaspora congolaise engagée dans la défense des préoccupations des populations civiles et dans la promotion de la paix.

Son approche repose sur une conviction : la diaspora congolaise ne doit pas être seulement une communauté qui observe la crise à distance, mais un acteur capable de porter une parole structurée auprès des institutions internationales.
La démarche annoncée s’articule autour de quatre pôles diplomatiques majeurs : les États-Unis d’Amérique, les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine.

L’objectif est de faire entendre une voix congolaise responsable, documentée et orientée vers des solutions, en mettant au premier plan la protection des civils, les droits humains, la souveraineté nationale et la stabilité régionale.
Une crise qui dépasse les frontières de la RDC
La persistance des violences dans l’Est de la RDC constitue non seulement une tragédie humaine, mais également un facteur majeur d’instabilité dans la région des Grands Lacs.

Déplacements de populations, crise humanitaire, atteintes aux droits fondamentaux, insécurité et tensions entre États entretiennent une situation qui nécessite une mobilisation diplomatique coordonnée.

La RDC continue par ailleurs de demander la mise en œuvre des engagements internationaux concernant le respect de son intégrité territoriale et la cessation des hostilités. Lors d’une séance du Conseil de sécurité en juin 2026, Kinshasa a notamment appelé à l’application intégrale de la résolution 2773 (2025).

Pour la SCDCM, la recherche de la paix doit donc associer pression diplomatique, dialogue politique, protection des civils, justice et solidarité humanitaire.
Washington : interpeller un acteur déterminant
Le premier axe du plaidoyer concerne les États-Unis.

La SCDCM entend poursuivre ses démarches auprès des institutions américaines afin de sensibiliser les décideurs à l’urgence sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC et de plaider pour une implication diplomatique permettant de consolider les efforts de paix.
Cette démarche prend une importance particulière dans le contexte du processus de Washington, engagé entre Kinshasa et Kigali. Plus d’un an après les espoirs suscités par cette initiative, sa traduction concrète sur le terrain demeure un enjeu central.
La diaspora souhaite ainsi encourager une diplomatie américaine attentive à la protection des populations et à la mise en œuvre effective des engagements pris.
Nations unies : pour une cohérence internationale renforcée
Aux Nations unies, le plaidoyer de la SCDCM vise notamment à attirer l’attention sur les conséquences humaines de la crise et à soutenir les mécanismes internationaux destinés à protéger les populations civiles.
New York et Genève constituent, dans cette stratégie, des espaces essentiels pour porter les préoccupations de la société civile congolaise, documenter les souffrances des populations et appeler à une réponse internationale cohérente.
Le message est clair : les engagements diplomatiques ne peuvent avoir de sens que s’ils produisent des effets mesurables sur la sécurité des populations.
L’Union européenne : un partenaire stratégique
L’Europe constitue un autre axe important de cette mobilisation.
Le plaidoyer européen cible notamment les institutions de l’Union européenne et les espaces parlementaires, avec l’objectif d’obtenir une attention politique soutenue à la crise des Grands Lacs.
Cette démarche intervient alors que l’Union européenne maintient un engagement humanitaire et diplomatique significatif en RDC. En février 2026, la commissaire européenne Hadja Lahbib s’était rendue à Kinshasa dans le cadre d’une mission humanitaire consacrée notamment à l’accès humanitaire dans l’Est et aux efforts visant à obtenir des résultats tangibles face à la crise.
Mme Lahbib est actuellement commissaire européenne chargée de l’Égalité, de l’état de préparation et de la gestion des crises, avec notamment des responsabilités en matière de diplomatie humanitaire.
Pour la SCDCM, l’Europe peut contribuer davantage à rapprocher action humanitaire, diplomatie, protection des civils et recherche de solutions durables.
L’Afrique doit également prendre ses responsabilités
L’autre pilier du plaidoyer est africain.
La SCDCM appelle à une mobilisation renforcée de l’Union africaine et à une implication accrue des mécanismes africains de prévention et de règlement des conflits.
Cette orientation prend une dimension particulière en 2026 puisque le Burundi assure la présidence de l’Union africaine, avec le président Évariste Ndayishimiye comme président en exercice de l’organisation.
La SCDCM entend ainsi inscrire sa démarche dans une perspective continentale : l’Afrique doit être pleinement actrice de la recherche de la paix dans les Grands Lacs.
La première étape de cette démarche annoncée passe par le Burundi, avec des contacts diplomatiques destinés à sensibiliser les autorités burundaises à la nécessité d’un suivi renforcé de la situation à l’Est de la RDC.
Une diplomatie citoyenne qui s’appuie sur l’action humanitaire
Le plaidoyer international de la SCDCM ne se limite pas aux rencontres institutionnelles.
La structure met également en avant plusieurs initiatives de solidarité menées en faveur des populations vulnérables, notamment des actions de soutien aux victimes des catastrophes et aux personnes déplacées, ainsi que des collectes de dons organisées dans la diaspora.
Cette articulation entre plaidoyer diplomatique et solidarité concrète constitue l’un des axes de son approche.
Pour la SCDCM, défendre la paix signifie également soutenir les victimes, préserver la dignité humaine et maintenir la question congolaise au cœur de l’attention internationale.
Melissa Zalo : une stratégie fondée sur le dialogue et la mobilisation
À la tête de cette dynamique, Mme Melissa Zalo est présentée par la SCDCM comme communicante et dirigeante de la société civile congolaise en Belgique.
Présidente de la SCDCM, elle est également présentée comme présidente du Mouvement International de Construction d’Identités Collectives (MICIC) et de Notre Conscience ASBL.
Son parcours associe communication, mobilisation citoyenne, inclusion sociale et engagement international. La SCDCM met notamment en avant des démarches auprès d’institutions américaines, des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Union africaine, ainsi que l’organisation de mobilisations citoyennes et d’actions humanitaires.
Son ambition est de renforcer le lien entre diaspora, institutions internationales et populations congolaises, afin que la voix des citoyens puisse davantage contribuer aux processus diplomatiques.
« L’Afrique ne peut rester spectatrice »
Au cœur du message porté par la SCDCM se trouve un appel à la responsabilité collective.
La société civile congolaise de la diaspora estime que les populations civiles doivent être replacées au centre des stratégies de paix et que les responsabilités doivent être établies sur la base des faits, du droit international et des mécanismes compétents.
Elle défend notamment quatre principes :
Premièrement, la protection des civils doit demeurer une priorité absolue.
Deuxièmement, les engagements diplomatiques doivent être suivis d’actions concrètes et vérifiables.
Troisièmement, les mécanismes africains et internationaux doivent être pleinement mobilisés.
Quatrièmement, la société civile et la diaspora doivent pouvoir participer de manière responsable aux espaces de dialogue et de plaidoyer.
De la colère à la diplomatie, de la solidarité à la paix
Le défi de la diaspora congolaise est désormais de transformer l’indignation face aux souffrances de l’Est en force diplomatique organisée.
La SCDCM veut précisément s’inscrire dans cette transformation : documenter, sensibiliser, rencontrer, plaider, mobiliser et maintenir la question congolaise dans l’agenda international.
Cette stratégie ne prétend pas remplacer les États ni les mécanismes officiels de paix. Elle entend plutôt compléter l’action diplomatique par une voix citoyenne congolaise structurée, capable de rappeler aux décideurs que derrière les négociations, les accords et les communiqués se trouvent des millions de vies directement affectées par la guerre.
Pour une paix congolaise, africaine et internationale
La quête de paix dans l’Est de la RDC exige aujourd’hui davantage qu’une succession d’initiatives diplomatiques. Elle nécessite la convergence des efforts de Kinshasa, des pays de la région, de l’Union africaine, des Nations unies, des États-Unis, de l’Union européenne et de la société civile.
Dans cette architecture complexe, la diaspora congolaise entend prendre sa part.
Son message est celui d’une mobilisation sans haine, d’un plaidoyer sans violence et d’une diplomatie citoyenne tournée vers la protection des populations, la justice et la paix.
Car la paix dans l’Est de la RDC ne concerne pas seulement les Congolais. Elle constitue un enjeu pour toute la région des Grands Lacs, pour l’Afrique et pour la crédibilité du système international de protection des populations civiles.
La SCDCM veut ainsi porter une conviction simple : la paix ne doit plus être seulement espérée. Elle doit être construite, défendue et accompagnée par tous les acteurs capables d’y contribuer.
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