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Reading: 2 août 1998 – 2 août 2026, il y a 28 ans, les Congolais de Kinshasa réalisaient un des plus grands exploits de l’histoire du pays : la résistance contre l’agression du Rwanda et de l’Ouganda.
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New messager de la paix RDC > Blog > Actualité > 2 août 1998 – 2 août 2026, il y a 28 ans, les Congolais de Kinshasa réalisaient un des plus grands exploits de l’histoire du pays : la résistance contre l’agression du Rwanda et de l’Ouganda.
Actualité

2 août 1998 – 2 août 2026, il y a 28 ans, les Congolais de Kinshasa réalisaient un des plus grands exploits de l’histoire du pays : la résistance contre l’agression du Rwanda et de l’Ouganda.

redaction
Last updated: août 1, 2026 2:07 am
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redaction
12 Min Read
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Le 2 août 1998, ce jour-là, dès l’aube, Kinshasa se réveille sous les fracas des bruits de canons et de mitraillettes. La ville tremble sans rien comprendre du sens des bruits des canons et des mitraillettes.

A 6h00’ du matin, une voix jeune, à peine connue dans le pays, annonce que « les assaillants venus du Rwanda et de l’Ouganda ont envahi la ville… ».

Cette voix d’une étonnante jeunesse est celle du tout nouveau ministre de l’information, porte-parole du Gouvernement, nommé il y a à peine quelques jours. Et c’est lui qui annonce à la radio nationale « le couvre-feu jusqu’à la neutralisation de ces envahisseurs ».

 

Aussitôt après cette historique intervention, les coups de feu se concentrent autour de la Voix du Peuple. Objectif des assaillants : capturer le Ministre qui vient de faire l’annonce et déclarer la prise de pouvoir ! ». Par on ne sait quelle dextérité, le Jeune Ministre Didier Mumengi, rassemble quelques militaires mobilisés à la hâte au Camp Kokolo, et dirige lui-même la résistance, jusqu’à repousser les assaillants, qui se replient sur la route de Kinsuka. Kinshasa retient son souffle…

Deux jours après, l’incroyable se réalise : les avions militaires décollent de Kigali et de Goma, pour une action aéroportuaire inédite, jusqu’à l’aéroport de Kitona, à Muanda, à plus de 2000 km du Rwanda.

La tentative de prise directe de Kinshasa ayant échouée, commence à partir de la ville de Moanda, l’audacieuse agression militaire de la RDC par les troupes du Rwanda et de l’Ouganda.

L’exode des institutions et le « Ministre de la guerre »

Face à l’imminence du péril, le Président Laurent-Désiré Kabila prend une décision stratégique majeure : il déplace le gouvernement et les principaux dignitaires de la République vers Lubumbashi, faisant de la capitale du Katanga le siège provisoire des institutions.

Kinshasa est alors décrétée « Zone spéciale des opérations militaires de résistance ».Dans une capitale abandonnée à son propre sort, un homme va incarner le sursaut national : le jeune ministre Didier Mumengi. Propulsé de fait au rang de « Ministre de la guerre », il assume la charge titanesque de galvaniser une population aux abois et de structurer la défense civile de la ville.Le chaudron d’août 1998 :

De l’asphyxie à l’angoisse générale

Les jours qui suivent plongent le pays dans une fureur apocalyptique. La progression de la coalition rwando-ougandaise est fulgurante :

– 5 août 1998 : Les forces d’agression s’emparent des verrous maritimes stratégiques de Moanda et de Banana;

– ⁠10 août 1998 : La ville portuaire de Matadi tombe, coupant la principale voie d’approvisionnement de la capitale;

– ⁠13 août 1998 : Le cœur énergétique de la nation, le complexe hydroélectrique d’Inga, est capturé. Les envahisseurs coupent instantanément le courant électrique et l’eau potable.

Plongée dans le noir, privée de ses ressources vitales, Kinshasa est au bord de l’asphyxie. Une panique légitime et une angoisse généralisée s’emparent de tout le pays.

« La Paix se gagne » : L’art et les armes au service de la Patrie

C’est au cœur de cette obscurité que la résistance populaire exceptionnelle s’organise. Sous le slogan mobilisateur de Didier Mumengi, « La Paix se gagne », des milliers de Kinois s’enrôlent massivement dans les Forces d’autodéfense populaire (FAP).

Pour porter ce sursaut au cœur même de l’âme congolaise, le porte-étendard de la résistance nationale, le « Ministre de la guerre » Didier Mumengi, réussit un coup de maître en mobilisant le front culturel.

Il parvient à briser les rivalités artistiques pour rassembler, dans un élan patriotique inédit, les plus grandes figures et constellations de la musique congolaise : le patriarche de la rumba Wendo Kolosoy, le Seigneur Tabu Ley Rochereau, l’Éléphant de la rumba Pépé Kallé, le mythique orchestre Zaïko Langa Langa, les légendaires ténors de l’OK Jazz, les étoiles de Wenge Musica, la reine de Mutuashi Tshala Muana, le révolutionnaire Boketshu Wa Yambo, ainsi qu’une constellation d’autres artistes majeurs.

Unis en studio comme au front, ils enregistrent la célèbre chanson chorale « Tokufa mpo na ekolo » (Mourons pour la patrie). Cet hymne sacré, vibrant et intemporel, transmua instantanément le désespoir de la population en une fureur patriotique indomptable, gravant la résistance culturelle dans l’éternité.

L’histoire donne raison à cette audace. La résistance acharnée des habitants de Kinshasa, combinée à l’intervention décisive des armées alliées de l’Angola, du Zimbabwe, de la Namibie et du Tchad, brise l’offensive de la coalition rwando-ougandaise. Ce front uni fait définitivement échouer la tentative d’invasion Rwando-ougandaise de la RDC.

L’Épopée des Trois Glorieuses : Quand le peuple de Kinshasa terrassa l’envahisseur

L’offensive aéroportée lancée depuis Kitona par la coalition rwando-ougandaise visait à asphyxier Kinshasa en la privant d’eau et d’électricité après la chute du barrage d’Inga. Face au refus des Kinois de capituler, les agresseurs décident de lancer l’assaut final sur la capitale. C’est le début d’une guerre urbaine totale, où la distinction entre militaires et civils s’efface au profit du salut de la patrie.

L’historique « bataille de Tshangu » : 24, 25 et 26 août 1998

La porte d’entrée orientale de Kinshasa, la turbulente et courageuse périphérie de la Tshangu (comprenant les communes de N’djili, Masina, Maluku et Kimbanseke), devient le principal théâtre d’affrontements. Dès l’aube du 24 août 1998, les troupes coalisées rwandaises, ougandaises et rebelles du RCD infiltrent massivement la commune de Masina et les abords de l’aéroport international de N’djili.

La panique menace de s’installer. Le 25 août 1998, sous l’impulsion du slogan « La Paix se gagne » insufflé par le ministre Didier Mumengi, une levée en masse se produit.

Des milliers de jeunes kinois de la Tshangu, armés de machettes, de bâtons et de pierres, se constituent en Forces d’autodéfense populaire (FAP). Ils dressent des barricades et traquent les colonnes d’infiltrés aux côtés des unités loyalistes de l’armée congolaise.

Le 26 août 1998 : c’est le point d’orgue de la résistance congolaise à l’Est de la Capitale. Pris au piège dans le dédale des avenues de la Tshangu, harcelés par une population en furie qui refuse l’occupation, les assaillants subissent de lourdes pertes. Le mythe de leur supériorité tactique s’effondre dans la boue de Masina.

La bataille des collines de l’UNIKIN : 26, 27 et 28 août 1998

Simultanément, une autre colonne d’infiltrés tente de prendre Kinshasa par le sud et les hauteurs stratégiques du Mont-Amba.

Les 26 – 27 août 1998 : ces agresseurs se retranchent sur les collines de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et dans les vallées escarpées de la commune de Mont-Ngafula. Depuis ces hauteurs, ils espèrent pilonner le centre-ville et le Camp Kokolo.

La communauté universitaire et les résidents des quartiers environnants ( Livulu) entrent immédiatement en résistance. Ils guident les forces loyalistes et coupent les voies de ravitaillement des assaillants.

Le 28 août 1998 : L’assaut final est donné. Pris en étau entre la puissance de feu de l’artillerie lourde des forces alliées (notamment les blindés angolais) et la fureur des résistants populaires, les agresseurs sont totalement terrassés.

Les collines de l’UNIKIN, jadis symbole du savoir, deviennent l’abîme de l’ambition des forces coalisées de l’agression.

La déroute et la traque vers le Kongo-Central

Dès l’après-midi du 28 août 1998, la défaite de la coalition Rwando-ougandaise à Kinshasa est totale. Brisés à l’Est par les patriotes-résistants de la Tshangu et délogés du Sud par les étudiants révoltés de l’UNIKIN, les survivants des forces d’agression n’ont d’autre choix que de fuir.

Commence alors une interminable traque. Les forces populaires et les militaires congolais pourchassent les troupes en déroute à travers les pistes de Kasangulu, de Kimpese et les forêts du Kongo-Central (alors Bas-Congo), jusqu’à leur repli total et la libération des axes vitaux menant vers l’océan.

Kinshasa venait de signer ses « Trois Glorieuses de la résistance », sauvant la République d’une balkanisation précoce.

Le drame de l’amnésie nationale : Quand l’histoire recommence

Cette épopée a révélé l’esprit profondément combatif des Congolais dès lors qu’il s’agit de sauvegarder l’intégrité de leur territoire. Elle a prouvé au monde que ce peuple sait s’unir jusqu’au sacrifice suprême, comme le scandait magnifiquement Pépé Kallé :

« Notre cause est juste, nous vaincrons quoiqu’il en coûte ».

Pourtant, vingt-huit ans plus tard, les leçons de cette victoire historique n’ont pas été assimilées par la société congolaise.

Les manuels scolaires ignorent toujours cette page extraordinaire qui avait pourtant stupéfié la communauté internationale.

Les porte-étendards et héros de cette résistance glorieuse sont aujourd’hui relégués dans l’anonymat et l’oubli national, privés de la reconnaissance de la patrie, de décorations et d’hommages officiels. La conséquence de cette amnésie est dramatique : l’histoire recommence.

Privés de la réminiscence de leurs propres exploits, les Congolais d’aujourd’hui assistent, parfois impuissants, à l’enlisement de leur pays face aux mêmes agresseurs.

Lorsqu’un peuple oublie qu’il a été brave et vaillant, il perd la mémoire de sa propre force et se laisse envahir sans résistance.

Certes, l’esprit du 2 août est devenu le symbole de la souveraineté nationale, la République ayant judicieusement choisi cette date pour commémorer le Génocide des Congolais (GENOCOST).

Mais cette date historique mérite infiniment plus qu’une simple posture de deuil. La mémoire des sacrifices d’hier doit cesser d’être une complainte passive pour se muer en une véritable doctrine politique, citoyenne et militaire.

Il est désormais temps de ranimer les braises de la résistance du 2 août 1998 afin de réveiller les forces populaires salvatrices trop longtemps assoupies, pour le salut définitif de la Patrie.

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TAGGED:@Didier Mumengi@GENOCOST@guerre agression@RDC
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