KONGO-CENTRAL — Entre Nkamba, cité sainte de l’Église kimbanguiste, et la Route Nationale n°1, un chantier routier prend progressivement forme. Baptisé « Chemin de la Passion de Papa Simon Kimbangu », cet axe d’environ 51 kilomètres est appelé à améliorer la mobilité des populations et à renforcer les échanges économiques dans cette partie du Kongo-Central.

Pour plusieurs habitants, cette route revêt également une dimension historique et spirituelle. Ils associent son tracé à une parole traditionnellement attribuée à Papa Simon Kimbangu, qui aurait annoncé qu’une route relierait un jour Nkamba aux grands axes de communication. Une interprétation qui appartient à la mémoire locale, mais dont la concrétisation est aujourd’hui observée à travers l’avancement du chantier.
LES TRAVAUX SONT EN COURS
Les images du chantier montrent une infrastructure encore en phase de construction, et non une route déjà achevée.

À ce stade, 8 kilomètres ont été ouverts et débroussaillés, tandis que 4 kilomètres d’assainissement ont été réalisés. Le terrassement porte sur 7 kilomètres, et 3 kilomètres de couche de fondation ont été rechargés.
Sur le terrain, niveleuses, chargeuses XCMG, compacteurs et équipements destinés à la réalisation des caniveaux sont mobilisés.
Ces chiffres correspondent à des opérations réalisées sur des sections du tracé et ne signifient donc pas que huit kilomètres sont déjà entièrement construits ou asphaltés. L’ouvrage reste à poursuivre avant son achèvement et sa mise en service complète.
« UNE RÉALISATION DE LA PROPHÉTIE »
À Nkamba, le chantier est suivi avec intérêt par les populations.
Mme Lukombo, habitante de la cité sainte, voit dans cette construction l’accomplissement d’une parole attribuée à Papa Simon Kimbangu.

« C’est une réalisation de la prophétie de Papa Simon Kimbangu. Il était passé ici à pied et avait dit que la route serait construite jusqu’à Nkamba. »»
Son témoignage exprime surtout la portée symbolique que les habitants accordent à cette infrastructure.
Au-delà de cette dimension mémorielle, l’enjeu est désormais très concret : améliorer les conditions de déplacement et favoriser le développement des localités traversées.
« LE VILLAGE VA SE DÉVELOPPER »
À Mbanza-Mpe-Mba, les difficultés de mobilité appartiennent encore au quotidien des habitants.

Mamuke se souvient des longues marches nécessaires pour rejoindre Nkamba :
« Avant, il fallait marcher comme Kimbangu pour aller prier à Nkamba. Maintenant, le village va se développer. »
La route est ainsi perçue comme un facteur potentiel de transformation locale. Une meilleure circulation peut faciliter l’accès aux marchés, l’évacuation des produits agricoles, les échanges commerciaux ainsi que l’accès aux différents services.
UN SOULAGEMENT POUR LES COMMERÇANTS
Les difficultés de transport ont également pesé sur les activités commerciales, notamment celles des femmes qui acheminent leurs marchandises.
Papa Landu, motard sur l’axe Nkamba-Mpembe, témoigne :


« Nous avons beaucoup souffert, surtout les femmes qui transportent leurs marchandises. »
Il relève toutefois une amélioration sur certaines portions déjà travaillées : selon son expérience, un trajet qui pouvait prendre environ une heure peut désormais être parcouru en une trentaine de minutes.
Pour les usagers, ces changements restent encore liés à l’état d’avancement du chantier, mais ils donnent un aperçu des effets attendus d’une route entièrement aménagée.
UN PROJET À DIMENSION ÉCONOMIQUE ET TOURISTIQUE
Selon le chef de chantier, le Chemin de la Passion est conçu comme une route à la fois touristique et économique. Son tracé dessert plusieurs sites associés à l’histoire de l’évangélisation de Papa Simon Kimbangu.
Une fois achevée et asphaltée, l’infrastructure pourrait contribuer à accroître la fréquentation de ces sites et à stimuler les activités économiques locales : transport, commerce, restauration, hébergement, artisanat et autres services.

Le développement d’un tel potentiel dépendra toutefois de la poursuite effective des travaux et de l’aménagement complémentaire des sites concernés.
GOUVERNEMENT, SICOMINES ET ENTREPRISES MOBILISÉS
Le projet est présenté comme bénéficiant d’un financement conjoint du Gouvernement congolais et de SICOMINES S.A., dans le cadre du programme sino-congolais de désenclavement.
Les travaux sont exécutés par ADI Construction, entreprise congolaise, sous la surveillance de l’ACGT.
Cette mobilisation mérite d’être encouragée, car une infrastructure de cette nature ne se limite pas à la construction d’une chaussée. Elle engage également des compétences techniques, des emplois et toute une chaîne d’activités liées au chantier.
UNE ROUTE POUR AMÉLIORER LES CONDITIONS DE VIE
À terme, l’intérêt principal du projet se mesurera à son impact sur les populations.
Une liaison routière plus praticable peut réduire les difficultés de transport, faciliter l’écoulement des productions agricoles, rapprocher les marchés et les services, améliorer la mobilité des jeunes et créer un environnement plus favorable aux petites activités économiques.
Pour les femmes commerçantes comme pour les agriculteurs, transporteurs et entrepreneurs locaux, la réduction du temps et des coûts de déplacement peut constituer un changement important.
Nkamba pourrait également bénéficier d’une meilleure accessibilité pour les pèlerins et visiteurs, avec des retombées possibles sur le tourisme religieux, culturel et historique.
ENCOURAGER LA POURSUITE DU CHANTIER
Le Chemin de la Passion de Papa Simon Kimbangu n’est donc pas encore une route achevée. C’est un chantier en progression, dont plusieurs étapes techniques sont déjà engagées.
L’enjeu est désormais de poursuivre les travaux avec régularité, qualité et respect des populations riveraines afin que les premiers kilomètres réalisés puissent progressivement déboucher sur un axe pleinement opérationnel.
Aux équipes de l’ADI Construction, de l’ACGT, aux ingénieurs, techniciens, ouvriers, ainsi qu’aux institutions et partenaires qui concourent au projet, revient la responsabilité de transformer cette avancée initiale en une infrastructure durable.
La poussière du chantier est provisoire ; l’objectif, lui, doit être durable : une route qui désenclave, rapproche et crée des opportunités.
DE LA MÉMOIRE AU DÉVELOPPEMENT
Pour les habitants qui associent le projet à la parole traditionnellement attribuée à Papa Simon Kimbangu, voir la route prendre forme constitue un moment particulier de mémoire.
Mais au-delà de cette interprétation historique et spirituelle, le projet porte une réalité très actuelle : désenclaver des communautés et leur donner de meilleures conditions pour circuler, produire, commercer et entreprendre.
De Nkamba à la RN1, le chemin est encore long. Mais les premiers travaux montrent déjà une transformation du terrain.
Si la mémoire donne au projet sa dimension symbolique, la route devra donner aux populations les moyens concrets de construire leur avenir.
Pour les populations, l’enjeu dépasse la route : faciliter les déplacements, soutenir le commerce, valoriser les sites historiques et touristiques et créer de nouvelles possibilités économiques.
Un chantier encore en cours, mais une transformation déjà visible.
Bertin Kangamotema Amizia, Newmessagerpaix.net
+243 817 454 712
bertinkanga@gmail.com






