SEPTEMBRE CULTUREL CONGOLAIS 2026, Série éditoriale de New Messager de la Paix par Bertin KANGAMOTEMA Amizia

KINSHASA, 8 septembre 2026 ( Newmessagerpaix.net)— La Bibliothèque Wallonie-Bruxelles de Kinshasa a servi de cadre, ce mardi 8 septembre, au dévoilement officiel du programme de la 9e édition de la Grande Rentrée Littéraire de Kinshasa (GRLK 2026), prévue du 10 au 12 septembre 2026.

Pendant trois jours, Kinshasa vivra au rythme du livre, de la création, du théâtre, de la bande dessinée, de la poésie et des échanges entre écrivains de la RDC, de la région et d’ailleurs.
Cette édition, qui coïncide avec la célébration des 40 ans du Centre Wallonie-Bruxelles et de sa Bibliothèque à Kinshasa, est placée sous le thème : « Littérature : gardienne des mémoires et clé du développement intégral ».
La Bibliothèque Wallonie-Bruxelles, qui accueille depuis plusieurs décennies des activités liées au livre, à la lecture, aux rencontres d’écrivains et à la création littéraire, s’apprête ainsi à redevenir l’un des foyers majeurs de la vie culturelle kinoise.
Didier Mumengi et « Militariser l’agriculture » : quand le livre ouvre le débat sur le développement

Parmi les rendez-vous annoncés, le vernissage de l’ouvrage Militariser l’agriculture de Didier Mumengi constituera l’un des temps forts de cette rentrée littéraire.
Le choix de mettre cet ouvrage au cœur de la réflexion inaugurale donne à la manifestation une dimension qui dépasse la seule célébration du livre. Il s’agit de placer la littérature et l’essai au contact des grandes préoccupations nationales : agriculture, sécurité, souveraineté, production, développement et avenir collectif.
À travers cette rencontre autour de Militariser l’agriculture, la Grande Rentrée Littéraire entend ainsi faire du livre un espace de questionnement sur les choix stratégiques de la République démocratique du Congo.
L’auteur, journaliste, écrivain et homme politique congolais, est également connu pour une œuvre consacrée à plusieurs grandes questions de société et de développement.
Le rendez-vous autour de Militariser l’agriculture s’annonce donc comme un moment de réflexion particulièrement attendu, au croisement de la littérature, de la pensée stratégique et des enjeux de développement.
Le livre descend dans la rue
Autre innovation forte : pendant les trois jours, l’Avenue de la Nation, devant la Délégation et la Bibliothèque Wallonie-Bruxelles, se transformera en Grand Marché du Livre.
De 09h00 à 17h30, auteurs, éditeurs, bouquinistes et lecteurs s’y retrouveront pour les ventes, expositions, dédicaces et rencontres.
Le livre ne sera donc pas confiné aux salles de conférence. Il investira l’espace public, à la rencontre du lecteur.
Une ouverture internationale assumée
La GRLK 2026 accueille comme invité d’honneur l’écrivain belge Philippe Marczewski, qui animera notamment un atelier de création littéraire consacré aux « Techniques de narration et capture du réel dans la fiction contemporaine ».
La manifestation ouvrira également ses portes aux écrivains du Sénégal, emmenés par Abdoulaye Fodé, président de l’Association des Écrivains du Sénégal, ainsi qu’aux écrivains de Brazzaville.
La programmation dessinera ainsi un triangle littéraire entre Kinshasa, Brazzaville et Bruxelles, avec des échanges autour de l’engagement de l’écrivain, de la mémoire collective et de la responsabilité citoyenne.
Henri Djombo : le théâtre comme miroir de la société
La scène théâtrale occupera une place importante avec l’écrivain et dramaturge Henri Djombo, du Congo-Brazzaville.
La Troupe Théâtre de l’Environnement, sous la mise en scène de KOAGNE Osée Colins, proposera plusieurs représentations, dont Madame la DG, adaptation du roman Sur la braise, Palabre Électorale au Kinango, De l’Exil au Palais, adaptation du roman Sarah ma belle cousine, Le Cri de la Forêt et Les bruits de couloirs.
Satire politique, gouvernance, écologie, pouvoir, intrigues institutionnelles et destins individuels seront ainsi transportés sur scène.
Jeunesse, BD et transmission
La jeunesse sera au centre de plusieurs activités.
Le vendredi 11 septembre, une animation-lecture réunira élèves et adolescents autour de Jovitha Songwa et de son ouvrage Jo betela ngai lisolo, suivie de la présentation et de la dédicace de la BD Kuzamba 4 de Claudéo Nsiala, aux Éditions Afrik’a.
Le samedi 12 septembre, les enfants partiront à la découverte du patrimoine national à travers la BD ELYKIA à Idjwi de Julia Ilondo.
Des ateliers de lecture, de contes et de découverte du patrimoine compléteront cette programmation jeunesse.
Les éditeurs congolais à l’honneur
La 9e édition donnera également une place importante aux maisons d’édition locales.
Les Éditions Colline Inspirée présenteront notamment les ouvrages de Donatien Mpudi, Au temps du numérique, Montre-moi le Soleil de Dieuleveut Kiangebeni et Le Trou n°4 de Negue Fly Nsau.
Les Éditions Ma Plume Aiguisée réuniront dix auteurs autour du thème : « Émergence et diversité des voix : la nouvelle garde de la littérature congolaise face aux défis du siècle ».
Les Éditions Andybook, quant à elles, proposeront une réflexion autour de la mémoire musicale, de la rumba et de l’identité culturelle, avec notamment les ouvrages de Mwalumu W’eragi, Caleb Bulala et Patrick Mpuramana.
« Voix de Goma » : écrire la résilience
Autre moment fort du samedi : « Voix de Goma : écrire la résilience, dire l’espérance ».
Cette rencontre réunira Pascal Boroto, Paola Farini Salama et Guillaume Bukasa, autour de regards croisés sur la création littéraire et la résilience.
Dans un pays où la littérature accompagne souvent les douleurs, les espérances et les aspirations des communautés, cette rencontre donnera à la parole littéraire une dimension particulière.
Poésie, slam et mémoire urbaine
La poésie investira également l’espace public avec un concert-spectacle de slam réunissant Constellation Minzoto, Obed BOSSA et un micro ouvert.
Le thème annoncé — « Poésie urbaine, rythmes et vérités : la jeunesse slamme la mémoire et l’avenir » — résume à lui seul l’ambition de cette séquence : donner aux jeunes créateurs un espace pour raconter leur époque.
La manifestation accueillera également le vernissage de Kinshasa, mon combat d’Éric Magella, ainsi que celui de La rue n’est pas une impasse : un regard dans le rétroviseur d’une vie reconstituée de Vainqueur Mwamba Arsène.
Un hommage au patrimoine intellectuel
La programmation prévoit par ailleurs un hommage solennel au grand philosophe Valentin-Yves Mudimbe, dont l’œuvre demeure profondément associée aux grandes interrogations sur la pensée, la culture et l’identité africaines.
Cet hommage prend place dans une édition qui revendique précisément la littérature comme gardienne des mémoires.
Le Prix Zamenga pour conclure trois jours de fête
La clôture interviendra le samedi 12 septembre à 17h00, avec la cérémonie solennelle de clôture et la remise du Prix Zamenga.
La cérémonie comprendra la proclamation officielle des lauréats de la 8e édition, la remise des prix, diplômes et trophées, ainsi que les interventions du Comité d’Organisation et des autorités de parrainage, avant le cocktail de clôture.
Le Prix Zamenga s’inscrit depuis plusieurs années dans l’écosystème littéraire du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa et participe à la promotion des nouvelles voix de la création congolaise.
Trois jours pour faire de Kinshasa une capitale du livre et des idées
Avec cette 9e édition, la Grande Rentrée Littéraire de Kinshasa propose finalement bien plus qu’un calendrier de rencontres.
Elle entend créer un espace où la mémoire dialogue avec le présent, où la littérature rencontre les enjeux de développement, où la jeunesse rencontre les auteurs et où Kinshasa échange avec Brazzaville, Dakar et Bruxelles.
Et au milieu de cette effervescence, le rendez-vous consacré à Militariser l’agriculture de Didier Mumengi devrait ouvrir une réflexion particulièrement stimulante sur la capacité du livre à accompagner les grandes batailles intellectuelles et stratégiques de la République démocratique du Congo.
Du 10 au 12 septembre 2026, la littérature prendra donc possession de Kinshasa.
Une rentrée où la plume ne se contente pas de raconter le monde : elle contribue à éveiller la cité.
SEPTEMBRE CULTUREL CONGOLAIS 2026 —la Série éditoriale de New Messager de la Paix,
Bertin Kangamotema Amizia






