À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC) a lancé un appel solennel à l’unité nationale, à la paix et à la défense de l’ordre constitutionnel au cours d’une messe d’action de grâce organisée mardi 30 juin 2026 en la Cathédrale Notre-Dame du Congo.

Dans son message prononcé, le président national ai du CALCC, Faustin Richard Onombili Yando, a exhorté les Congolais à faire de cette date historique un moment de prise de conscience collective face aux défis auxquels le pays est confronté.
Un 30 juin placé sous le signe de la responsabilité nationale
S’inscrivant dans la continuité du message publié par les évêques catholiques à l’issue de leur Assemblée plénière extraordinaire des 18 au 20 juin 2026, le CALCC estime que la République démocratique du Congo traverse une période particulièrement critique. L’organisation évoque notamment la poursuite de l’agression dans l’Est du pays, l’occupation d’une partie du territoire par le M23 soutenu par le Rwanda, la crise humanitaire marquée par des millions de déplacés internes ainsi que la dégradation des conditions de vie de la population.

Pour le président national ai du CALCC, le 30 juin ne doit pas se limiter à une simple célébration de l’indépendance. Cette journée représente avant tout un appel à la réflexion sur l’avenir du pays, à la fidélité aux idéaux des pères de l’indépendance et à l’engagement de chaque citoyen pour la reconstruction de la Nation.
Le CALCC rejette toute révision ou changement de la Constitution
Dans son message, Faustin Richard Onombili Yando a réaffirmé la position du CALCC concernant le débat sur une éventuelle révision ou changement de la Constitution. Selon lui, cette initiative ne répond pas aux préoccupations prioritaires des Congolais.

Le CALCC rappelle que les urgences nationales demeurent le rétablissement de la paix, la sécurité des populations, l’amélioration des conditions sociales ainsi que le renforcement de l’unité nationale. L’organisation partage les préoccupations exprimées par les évêques catholiques, qui mettent en garde contre les risques qu’une modification de la Constitution pourrait faire peser sur la cohésion du pays.
Le CALCC réaffirme également son soutien au Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs, présenté comme une initiative destinée à favoriser un dialogue national inclusif et une paix durable, sans rechercher un quelconque partage du pouvoir.
Protéger les biens de l’Église et renforcer l’engagement citoyen
Face à la recrudescence des actes de vandalisme, des vols et des profanations visant les infrastructures ecclésiales, le CALCC invite les fidèles laïcs à collaborer avec les autorités compétentes et les responsables paroissiaux afin d’assurer la protection des paroisses, écoles, centres de santé et autres biens appartenant à l’Église.
Le président national ai souligne que cette responsabilité découle de l’engagement baptismal des fidèles et participe à la préservation du patrimoine religieux et communautaire.
Un appel particulier à la jeunesse et aux femmes
Le CALCC adresse un message particulier aux jeunes Congolais, qu’il considère comme les artisans de la renaissance du pays. Ils sont invités à se prémunir contre toute forme de manipulation politique et à défendre, de manière pacifique mais déterminée, les valeurs démocratiques ainsi que l’ordre constitutionnel issu du référendum.
Les femmes congolaises reçoivent également un hommage appuyé pour leur rôle dans l’éducation, la consolidation de la paix et le développement national.
Le CALCC les encourage à demeurer vigilantes face aux initiatives susceptibles de compromettre l’avenir du pays ou d’alimenter de nouveaux conflits.
Un appel à toutes les forces vives de la Nation
Le message s’adresse également aux intellectuels, enseignants, chercheurs, entrepreneurs, artistes, fonctionnaires et à l’ensemble des acteurs sociaux. Le CALCC rappelle que chacun détient une part de responsabilité dans la construction d’un Congo plus juste, plus uni et plus prospère.
Aux autorités de la République, l’organisation rappelle que l’exercice du pouvoir implique une responsabilité permanente envers le peuple et exprime sa profonde préoccupation face à l’adoption d’une loi sur le référendum qu’elle juge incompatible avec l’esprit de la Constitution actuelle.
« Le peuple attend la paix, la sécurité et la justice et non le changement de la Constitution »
En conclusion, Faustin Richard Onombili Yando invite tous les Congolais à renouveler leur engagement envers Dieu et envers la Nation. Fidèle à la doctrine sociale de l’Église, le CALCC affirme que son combat demeure spirituel, citoyen et résolument non violent.
L’organisation appelle l’ensemble des Congolais, au-delà des appartenances politiques, ethniques ou religieuses, à défendre la paix, la justice, l’unité nationale et le bien commun. Selon le président national ai du CALCC, le peuple congolais aspire avant tout à la paix, à la sécurité, à la justice et à de meilleures conditions de vie, plutôt qu’à un débat sur une nouvelle Constitution.
Le message s’est achevé par un vibrant hommage aux héros de l’indépendance et un appel à faire de la République démocratique du Congo une Nation forte, unie et porteuse d’espérance pour l’Afrique.
Marien LOKASA/ Newmessagerpaix.net






