Plaidoyer pour un dialogue national inclusif sous médiation ecclésiastique.

Dans sa déclaration du 21 octobre 2026 à Lubumbashi, aussitôt après la condamnation du recours aux armes et à la violence pour accéder au pouvoir ou le conserver, la LUCHA a lancé un vibrant appel en faveur de la relance du Pacte social CENCO-ECC et d’un dialogue national inclusif en RDC.
Cette déclaration de la Lutte pour le changement (LUCHA), publiée le 21 octobre 2026 constitue une nouvelle interpellation des acteurs politiques congolais.
En renvoyant dos à dos l’ancien président Joseph Kabila et l’actuel chef de l’État Félix Tshisekedi, le mouvement citoyen dénonce les responsabilités politiques qui, selon son analyse, contribuent à la persistance de la crise en République Démocratique du Congo.
La LUCHA condamne fermement l’engagement de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme un mouvement politico-militaire, et lui exige de renoncer immédiatement à toute option armée.
Cette condamnation soulève une exigence fondamentale : aucune ambition politique ne saurait justifier le recours aux armes, au détriment de la vie humaine, de la souveraineté nationale et de la stabilité du pays.
Parallèlement, la LUCHA demande à Félix Tshisekedi de rendre compte des mesures prises face aux menaces sécuritaires dans l’Est et de renoncer à toute modification constitutionnelle destinée à prolonger son maintien au pouvoir.
Attribuant une part des origines de la crise à l’arrangement politique de 2018 et aux conditions de l’alternance de janvier 2019, le mouvement rejette aussi bien la guerre qu’un dialogue national réduit au partage du pouvoir entre les protagonistes.
Cette position appelle cependant un prolongement constructif : quelle alternative crédible proposer pour sortir durablement de l’impasse politique et sécuritaire ?
Le Pacte social CENCO-ECC : une initiative à réactiver sans tarder
Face à cette crise, la réactivation du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en République démocratique du Congo et dans les Grands Lacs, porté par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), apparaît comme une piste à soutenir et à concrétiser.
L’enjeu est de dépasser les rivalités entre acteurs politiques et les initiatives diplomatiques concurrentes pour construire un processus dans lequel les Congolais deviennent pleinement acteurs de leur propre paix.
La CENCO et l’ECC disposent d’une capacité de mobilisation morale et sociale susceptible de favoriser le rapprochement des communautés, la restauration de la confiance et la recherche de solutions aux causes profondes des crises récurrentes.
Toutefois, la pertinence du Pacte social doit désormais se traduire par des actes. Il importe que ses promoteurs précisent les modalités de sa relance, engagent des consultations avec les forces vives de la nation et proposent une feuille de route assortie d’un calendrier, d’objectifs clairs et d’un mécanisme de suivi.
Le temps n’est plus seulement aux déclarations d’intention : il faut créer les conditions de la mise en œuvre effective du dialogue national inclusif porté par la CENCO et l’ECC.
Un dialogue inclusif, pas un nouveau partage du pouvoir
La mise en œuvre de ce dialogue ne devrait ni servir à légitimer les groupes armés ni devenir une négociation entre élites destinée à redistribuer les responsabilités politiques.
Elle devrait permettre aux institutions, aux forces politiques, aux mouvements citoyens, aux organisations de la société civile, aux femmes, aux jeunes et aux communautés affectées par les conflits de contribuer à la recherche d’un consensus national.
Le respect de la Constitution, le rejet de la violence, la protection des populations civiles, la cohésion nationale et la prévention de nouvelles crises devraient figurer parmi les priorités de ce processus.
Dans cette perspective, la LUCHA pourrait prolonger sa déclaration de Lubumbashi par un appel à soutenir la relance du Pacte social CENCO-ECC.
Une telle démarche ne compromettrait nullement son indépendance citoyenne. Elle donnerait au contraire une portée constructive à son refus de la guerre et des arrangements politiques conclus au détriment des aspirations populaires.
Les processus de Washington et de Doha, notamment en matière de cessation des hostilités, devraient également être envisagés dans une logique de complémentarité avec le dialogue national, et non comme des démarches mutuellement exclusives.
Conclusion : transformer l’indignation citoyenne en mobilisation pour la paix
En condamnant l’engagement de Joseph Kabila à la tête du FRN et en interpellant Félix Tshisekedi sur ses responsabilités, la LUCHA rappelle que la sortie de crise exige des actes, de la transparence et le respect des principes démocratiques.
Mais la dénonciation ne suffit pas. Elle doit ouvrir la voie à une mobilisation pacifique autour d’une solution inclusive et durable.
La réactivation du Pacte social CENCO-ECC et la mise en œuvre effective d’un dialogue national inclusif constituent, dans cette perspective, des démarches qui méritent un soutien citoyen, politique et institutionnel.
La CENCO et l’ECC sont appelées à intensifier leur plaidoyer et à préciser les prochaines étapes de leur initiative. La LUCHA, comme les autres forces citoyennes, peut contribuer à cette dynamique en exigeant un processus transparent, ouvert et orienté vers des résultats concrets.
L’objectif n’est pas de consacrer la victoire d’un camp sur un autre, mais de rendre aux Congolais la capacité de construire leur avenir dans la paix, la dignité et le respect de leurs droits.
La RDC n’a pas besoin d’une nouvelle guerre ni d’un énième partage du pouvoir. Elle a besoin d’un dialogue sincère, d’engagements vérifiables et d’une volonté collective de faire prévaloir l’intérêt supérieur de la nation.
NMP




